M. Thierry St-Cyr lors de la conférence
Programme fédéral emplois d’été
Des nouvelles règles qui défavorisent les organismes de Verdun et du Sud-Ouest
La modification des critères d'admissibilité au nouveau programme Emplois d’été (anciennement Programme Placement carrière été), devrait nuire aux organismes communautaires du Sud-Ouest, notamment ceux qui offrent des camps de jours. C’est ce qu’ont affirmé le député fédéral de Jeanne-LeBer, M. Thierry St-Cyr et le commissaire scolaire de la CSDM, M. Daniel Bélanger, dans une conférence de presse conjointe, tenue le lundi 30 avril dernier, en présence de plusieurs organismes du Sud-Ouest offrant des camps de jour. Le programme, qui permet l’embauche de jeunes moniteurs qualifiés et intéressés à vivre une expérience professionnelle dans le domaine communautaire, est vital pour les enfants du Sud-Ouest, estiment le député et le commissaire.
Le programme Emplois d’été du gouvernement fédéral, a été remodelé et procède désormais d’un fonctionnement centralisé, où des fonctionnaires prendront la décision d’accorder ou non une subvention aux organismes communautaires, en se basant principalement sur des statistiques plutôt qu’en collaboration avec le milieu.
De plus, les réalités sociales locales ne seront plus prises en compte. Parmi ses critères, le gouvernement se basera uniquement sur le taux de chômage global de l’île de Montréal pour accorder ou non les subventions aux dizaines d’organismes sans but lucratif œuvrant sur son territoire, plutôt qu'en tenant compte de poches de pauvretés et des secteurs plus difficiles où œuvrent la plupart de ces organisations, qui participent au programme.
Des impacts réels
Les différents organismes présents ont témoigné de l’impact sur leur milieu que pourrait causer la disparition de l’offre de camps de jour pour les jeunes du Sud-Ouest.
«Les camps d’été, c'est un moyen d'assurer la sécurité alimentaire de jeunes en situation économique précaire. Nous jouons un rôle de relais avec l’école. Souvent, le dernier jour d’école, certains enfants pleurent car ce n'est pas Disney Land les vacances, certains enfants vont avoir faim», témoigne Ann Dynes, de l’Atelier 850.
«De plus, une bonne partie des enfants qui participent à nos camps sont allophones, alors le fait de parler en français tout l'été permet de conserver leur acquis plutôt que de constater une régression à la rentrée en septembre», poursuit-elle.
Inévitablement, une baisse de subvention entraînera des coupures de services, les organismes ne pouvant se résigner à augmenter leurs tarifs: «On ne peut pas hausser les tarifs, les gens n’ont pas les moyens de payer», affirme M. Richard Ranger, du Centre de loisirs Mgr Pigeon.
«Sans ces emplois pour encadrer les jeunes, s’ils sont chanceux ils vont travailler dans un dépanneur ou un emploi du genre, mais bien souvent ce sera pire, ils vont vendre de la drogue, entrer dans la petite criminalité», déplore pour sa part Kim Kidder, du Centre communautaire Tyndale St-Georges.
De son côté, le député de Jeanne-LeBer a déploré le manque de vision du gouvernement: «Le programme ne consiste pas juste en un placement dans un emploi donné pour les jeunes, mais il génère aussi des fonds permettant aux organismes de fonctionner, ainsi que des services offerts à la population, aux familles, aux enfants. Il apparait que le gouvernement se soucie uniquement du premier volet du programme, en négligeant les deux autres».
Si M. St-Cyr admet que l'ancien programme pouvait bénéficier de certaines améliorations, il s’interroge sur les raisons qui ont poussé le gouvernement à complètement remodeler le programme avec autant de précipitation.