La présence du canal de Lachine, le Sud-Ouest berceau de l’industrialisation au pays, on connaît. On sait aussi le formidable recul qu’a connu le secteur manufacturier avec les fermetures d’usines, la délocalisation d’entreprises qui ont choisi de s’installer dans des pays où la main-d’œuvre est meilleur marché.
Le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), qui a toujours lutté pour le maintien des entreprises manufacturières et des emplois, a éventuellement adapté ses actions à une économie qui se transforme, explique son directeur général, Pierre Morrissette. «Nous sommes toujours dans une dynamique de mutation vers une économie plus diversifiée, mais il faut faire attention à ne pas mettre de côté le secteur manufacturier», dit-il, constatant un vent de changement. On pourrait assister à un retour du balancier.
Il entrevoit particulièrement des opportunités pour des produits de niche, pour des «produits ayant une valeur ajoutée». M. Morrissette évoque une pièce majeure de ce scénario: la présence de l’ÉTS. Le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, voit aussi un lien direct entre ce qui se fait à l’ÉTS, ses avancées technologiques, et une production qui pourrait être assurée dans le Sud-Ouest. L’arrondissement ne manque pas d’espace pour accueillir de nouvelles entreprises, souligne M. Dorais. L’ÉTS se trouve à proximité de l’incubateur d’entreprises le Nordelec, mentionne Pierre Morrissette.
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Dans le cadre du séminaire sur les grands projets montréalais tenu en mars dernier, le directeur général de l'ÉTS, Yves Beauchamp, a présenté le futur Quartier de l'innovation. Ayant aménagé dans le Sud-Ouest en 1997, l’ÉTS est spécialisée dans la formation et la recherche appliquées en génie. Elle poursuit également une mission de transfert technologique en entreprise. Depuis sa création, l’ÉTS a notamment développé des partenariats importants avec le milieu industriel, a indiqué M. Beauchamp.
L’automne dernier, elle a entrepris, au coût de 25 millions, la réfection d’un édifice à l’angle des rues Peel et William, qui sera transformé en centre d’innovation pour l’industrie: le Carrefour d’innovation INGO. Il devrait être en mesure d’accueillir d’ici un an des entreprises désirant travailler étroitement avec l’ÉTS à des dossiers d’innovation, a indiqué Yves Beauchamp lors de sa présentation. «En créant le Carrefour d’innovation INGO, l’ÉTS compte accentuer son rôle de vecteur de l’innovation auprès d’une partie des joueurs, soit les entreprises», a-t-il expliqué.





