Le secteur des cryptomonnaies est traversé par des tensions croissantes autour des risques liés à l’informatique quantique. Récemment, une virulente dispute s’est éclipsée entre des figures de proue de la communauté Bitcoin, révélant des divergences quant à la manière de communiquer sur ces menaces futures.
Conflit au sommet de la communauté Bitcoin
Adam Back, PDG de Blockstream, a sévèrement critiqué Nic Carter, associé de Castle Island Ventures. Cette réaction est survenue après que Carter a annoncé le soutien de sa société à Project Eleven, une startup prétendant protéger Bitcoin et d’autres actifs numériques contre les dangers posés par l’informatique quantique.
Back a répondu à Carter sur X, le qualifiant de « bruits désinformés » et déclarant qu’ils n’étaient « pas utiles ». Cet échange met en lumière une fracture grandissante parmi les défenseurs de Bitcoin concernant la nécessité d’avertissements publics sur les menaces à venir.
Des avertissements jugés exagérés
D’après Back, les développeurs de Bitcoin ne minimisent pas les risques quantiques, mais travaillent de manière discrète sur des solutions. Il estime que la technologie en est encore à ses balbutiements et qu’aucune menace réelle n’est à craindre avant plusieurs décennies. Tout en accueillant l’idée d’une préparation à l’informatique quantique, il appelle à garder un discours calme, arguant que des alarmes exagérées peuvent induire en erreur plutôt que d’encourager des actions constructives.
Les Bitcoiners et les développeurs ne sont PAS dans le déni concernant la nécessité de recherche pour préparer l’avenir face aux ordinateurs quantiques. Ils font simplement leurs recherches discrètement pendant que vous diffusez des messages désinformés. Vous n’aidez pas…
— Adam Back (@adam3us) 19 décembre 2025
De son côté, Carter défend son positionnement, affirmant avoir pris conscience des enjeux après des discussions avec Alex Pruden, PDG de Project Eleven. Il insiste sur sa préoccupation croissante face aux menaces quantiques, qualifiant certains développeurs d’être dans un « déni total ».
Des experts aux avis partagés sur les risques quantiques
La communauté des investisseurs est divisée. Charles Edwards, fondateur de Capriole Investments, avertit que la menace quantique pourrait se manifester dans un délai de deux à neuf ans si les réseaux ne s’orientent pas vers une cryptographie résistante. En revanche, Vitalik Buterin, co-fondateur d’Ethereum, estime qu’une modélisation indique environ 20 % de chance que des ordinateurs capables de briser la cryptographie actuelle apparaissent avant 2030, avec une date médiane proche de 2040.
Bien que Buterin souligne qu’aucun tel ordinateur n’existe pour l’heure, il insiste sur l’importance d’une préparation anticipée, notant que la migration d’un système mondial nécessite des années.
Metaculus prédit que l’informatique quantique pourrait briser la cryptographie moderne d’ici 2040 : https://t.co/Li8ni8A9Ox
Il semble y avoir environ 20 % de chances que ce soit avant la fin de 2030.
— vitalik.eth (@VitalikButerin) 27 août 2025
Les points de vue divergent considérablement, certains comme l’investisseur Kevin O’Leary, doutent que le piratage de Bitcoin par des ordinateurs quantiques soit l’utilisation la plus pertinente de cette technologie, suggérant qu’elle pourrait avoir un impact positif dans d’autres domaines.
Recherche et signaux du marché
Les spécialistes techniques s’accordent à dire qu’il n’existe actuellement pas d’ordinateur quantique capable de compromettre la cryptographie de Bitcoin. Pourtant, cela n’a pas découragé les investisseurs de parier sur des startups promettant des outils de protection.
L’investissement de Castle Island, récemment ravivé sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la transparence et remet en question l’efficacité des avertissements publics. Les opinions restent profondément divisées sur la gestion de l’avenir face à des menaces quantiques potentielles.
Image en vedette : Quartz, graphique de TradingView

Thomas est le fondateur de La Voix Pop. Journaliste indépendant, il a créé le média pour offrir une information libre, ancrée dans le réel et accessible à tous. Son credo : raconter le monde sans filtre, à hauteur d’humain.




