Des hackers nord-coréens auraient subtilisé des centaines de millions de dollars en cryptomonnaies, soulevant des interrogations sur les responsabilités d’une grande entreprise de stablecoin. Un procès fédéral lancé aux États-Unis vise à déterminer si Circle Internet Group aurait pu prévenir cette fraude.
Une Action en Justice Contre Circle Internet Group
Une action collective a été déposée cette semaine dans un tribunal fédéral du Massachusetts, accusant Circle Internet Group de ne pas avoir agi pour empêcher le transfert de près de 280 millions de dollars en USDC volés. Les plaignants, représentés par l’investisseur Joshua McCollum, soutiennent que l’entreprise avait les moyens de bloquer ces transactions illégales mais a choisi de rester inactive.
Un Détail Crucial : La Réactivité de Circle
Le procès met en avant un élément marquant : quelques jours avant le vol, Circle avait gelé 16 portefeuilles USDC liés à une affaire civile. Les avocats des plaignants arguent que si Circle pouvait agir rapidement dans ce cas, il en était de même pour celui-ci, ce qui soulève des doutes sur sa réactivité face aux actes criminels.
Les Allégations de Négligence et de Complicité
Les accusations portées contre Circle comprennent la négligence et l’aide à la conversion illégale, une notion qui renvoie à la complicité dans le vol de propriété. L’avocat représentant McCollum, le cabinet Mira Gibb, n’a pas encore spécifié le montant des dommages-intérêts, ceux-ci étant réservés pour le procès.
L’Implication de Hackers Nord-Coréens
Selon la société d’analytique crypto Elliptic, l’attaque orchestrée par Lazarus aurait été menée par des agents soutenus par l’État nord-coréen. Les hackers auraient réalisé plus de 100 transactions via l’infrastructure de Circle durant les heures d’ouverture des marchés américains, et après avoir transféré les fonds vers Ethereum, ils les auraient convertis en utilisant Tornado Cash, un protocole de confidentialité.
Défense de Circle et Enjeux Éthiques
Toutefois, tous ne critiquent pas les actions de Circle. Lorenzo Valente, directeur de la recherche sur les actifs numériques chez ARK Invest, a défendu la position de l’entreprise, soutenant qu’il est impératif de disposer d’un ordre légal avant de geler des fonds. Il met en garde contre le risque de politisation de telles décisions, soulignant la nécessité d’un équilibre face à des acteurs malveillants comme les hackers nord-coréens.
La suite des événements dépendra de l’analyse du tribunal et posera des questions sur la responsabilité des entreprises dans la protection de leurs utilisateurs face à de tels risques.

Thomas est le fondateur de La Voix Pop. Journaliste indépendant, il a créé le média pour offrir une information libre, ancrée dans le réel et accessible à tous. Son credo : raconter le monde sans filtre, à hauteur d’humain.




