Non à la saisie des prestations d’aide sociale
Madame Prend Congé, le centre de femmes de Pointe-Saint-Charles, a apporté son soutien aux personnes assistées sociales qui se sont présentées devant le Tribunal administratif du Québec pour demander au gouvernement de mettre fin à la saisie, à même leur prestation d’aide sociale, de la pension alimentaire destinée à leurs enfants.
Plusieurs enfants en situation de pauvreté sont privés d’une partie de leur pension alimentaire parce que le parent avec lequel ils vivent doit avoir recours à l’aide sociale ou aux prêts et bourses. Le gouvernement ne permet à ces familles que de toucher 100 $ par mois de la pension alimentaire pour enfant versée par le parent non-gardien, et ce, peu importe le nombre d’enfants présents au sein de la famille. Or, tous les autres enfants du Québec peuvent bénéficier pleinement de leur pension alimentaire, celle-ci n’étant plus comptabilisée aux fins d’impôts dans le revenu du parent gardien.
«C’est une véritable discrimination basée sur le statut social dont sont victimes des milliers d’enfants pauvres au Québec, a dénoncé Micheline Cromp, porte-parole de Madame Prend Congé. Ce traitement va à l’encontre des principes de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et de la Convention internationale des droits de l’enfant. Il est inacceptable que le gouvernement s’approprie des montants qui ont pourtant fait l’objet d’un jugement de la Cour en bonne et due forme.»
Les personnes qui feront valoir leur cause devant le tribunal administratif ont aussi dit espérer que cette instance reconnaîtra le caractère discriminatoire du traitement des pensions alimentaires pour enfants dans les programmes gouvernementaux, et que ce jugement mettra fin à cette injustice. Les pensions alimentaires pour enfants sont également considérées comme un revenu dans les programmes d’aide au logement et à l’aide juridique, ce qui a pour effet d’en réduire considérablement l’accessibilité, ont-elles rappelé