Onduler sur les airs
Chansons en apesanteur de Tristan Malavoy
marilyse.hamelin@transcontinental.ca
«De tout temps l'homme a voulu voler» : le ton était donné avec Pierrot, la chanson même qui ouvre l’album Carnets d’apesanteur et qui a lancé le concert intime de Tristan Malavoy à la Maison de la culture Marie Uguay le 20 mars. Une voix douce et aérienne, un charisme qui ne ment pas, des textes exceptionnels et des musiciens talentueux, la table était mise pour un vol plané.
Pour ceux qui ne connaissent pas le travail du - d’abord et avant tout - poète Tristan Malavoy, sa musique atmosphérique enveloppe des textes ciselés, c'est ce qu’on appelle le spoken word. Le spectacle était d'ailleurs proposé dans le cadre de la quinzaine de la poésie de Montréal jusqu’au 30 mars.
Si parfois ses musiques peuvent rappeler celles des Jean Leloup, Martin Léon et Jean-Louis Murat, c’est définitivement par ses textes envoutants que Tristan Malavoy propose un univers aussi unique que personnel.
Généreux, il livre sans ambages son personnage d'amoureux infortuné, qui prend souvent son envol… pour mieux tomber de haut. Le cynisme est absent de son univers chimérique, parfois lyrique, jamais gnangnan et c'est tant mieux, le rêve et la magie étant bienvenus en ce morne printemps.
Son succès Tombé du soleil a fait mouche en début de spectacle avec son irrésistible refrain: «T'as l’air de ceux qui ont marché sur la lune», entendu sur les ondes hertziennes depuis 2006.
Le public a aussi eu droit à deux introductions de chanson en spoken word livrées avec passion et retenue à la fois, des moments jouissifs tant Tristan Malavoy fait corps avec ses poèmes et les récite avec un débit presque hypnotique. Autres moments de grâce: lorsqu’il reprend la folk Sometimes de Daniel Lanois ou entonne sa légèrement country Les Icares… tombés de l'amour.
Relève à surveiller !
La jeune chanteuse Amélie Boisclair a merveilleusement accompagnée de sa voix douce et cristalline les textes de Tristan Malavoy.
La jolie demoiselle a même exécuté trois de ses compositions au style folk, soul et blues à la guitare en début de spectacle. Son style rappelle un peu celui du Français JP Nataf dans la désinvolture apparente d'exécution, mais Amélie Boisclair a une fraîcheur et une candeur toute personnelle.
Elle sortira sous peu son premier album sous l’étiquette Audiogram et, comme le dit Tristan Malavoy, «on va entendre parler d’elle!».