La pointe de l’iceberg
Afin de prouver ce qu’elle estime être la volonté de Poste Canada de privatiser en douce ses services, la coalition contre la fermeture du comptoir de Pointe-St-Charles a dévoilé le contenu d’une offre d’emploi de la société d’État intitulée agent au réseau de vente au détail pour le Québec, affiché à l’interne seulement au début du mois.
Le poste affiché vise en toutes lettres à embaucher une personne chargée de s’occuper, entres autres, de «la réorganisation de succursales postales et de bureaux urbains», de «fermeture de comptoirs postaux», de la «conversion de bureaux de poste en franchises» et même de «rencontrer des maires, des préfets, des conseils et des chambres de commerce» ainsi que «préparer la correspondance», dans ce qui semble une volonté de préparer le terrain et l’opinion des acteurs locaux à une rationalisation du service.
Rien de nouveau
Du côté de Postes Canada, on rétorque que le libellé de l’offre d’emploi est le même depuis quinze ans et que le poste a été affiché pour remplacer des employés qui partent à la retraite.
Selon Christiane Ouimet du département des communications de la société d’État, «il est tout à fait coutumier de rencontrer ou de communiquer avec des maires, des préfets, des membres des Chambres de commerce ou des élus dans le cadre des opérations postales. Il n’existe aucun programme de fermeture massive ou de privatisation des services postaux à Postes Canada», assure-t-elle.
Agenda caché?
Impliqué depuis le début des démarches citoyennes pour empêcher la fermeture, le député de Jeanne-Le-Ber, Thierry St-Cyr, a dit regretter que la privatisation du service des postes, déjà entamée selon lui par la volonté de Poste Canada de fermer des comptoirs locaux qui rapportent un peu moins, se fasse en douce, sans débat public dans les médias et au sein de la population.
Il a également déploré le fait que le gouvernement conservateur et ses députés québécois se soient refusé à ce jour de commenter la fermeture annoncée du bureau de poste de Pointe-St-Charles, ce que Karine Triollet d’Action-Gardien a confirmé: «Encore hier [17 mars], nous avons reçu un appel du bureau du ministre Laurence Cannon pour nous dire qu’il ne pouvait pas venir rencontrer les gens de Pointe-St-Charles», explique-t-elle.