Le Comité pour le sain redéveloppement de Griffintown a fait venir une calèche devant l’ETS pour représenter la nature historique de Griffintown et a fait circuler une pétition contre le processus de consultation. consultations
Des pour et des contre
Griffintown : les points de vue s’affrontent
Après une première partie qui aura attiré quelque 800 personnes, la consultation publique sur Griffintown s'est poursuivie du 10 au 14 mars avec la présentation d’une cinquantaine de mémoires.
Le projet a reçu certains appuis, notamment de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, de l’économiste des HEC Jacques Nantel, et du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO).
Le RESO a souligné «l’envergure et le potentiel [du projet] pour revitaliser un secteur qui en a un urgent besoin» dans son mémoire. L’organisme se réjouit des garanties de réalisations imposées par la Ville au promoteur, qui incluront des logements communautaires et abordables, l'embauche locale, l'aménagement de parcs et d'espaces publics et la revitalisation des abords du canal de Lachine.
Opposition déterminée
Le Comité pour le sain redéveloppement de Griffintown (CSRG) a pour sa part rejeté le projet tel que présenté par Devimco et a sérieusement critiqué le processus de consultation.
«La consultation publique est complètement à l'inverse de ce qui aurait dû être fait, a déclaré Christopher Gobeil, porte-parole du CSRG. «On aurait dû commencer par consulter les citoyens, leur demander quel genre de projet ils souhaiteraient et ensuite approcher un promoteur.»
Le mémoire du CSRG remet aussi en question le programme particulier d'urbanisme (PPU) adopté par l'arrondissement du Sud-Ouest, la destruction de nombreux bâtiments existants, l'espace réservé aux commerces, le nombre de stationnements, l’élimination de parcs déjà existant, dont un parc à chien et les hauteurs des bâtiments.
Une vision dépassée ?
Le réputé urbaniste et professeur à l’Université de Montréal, Jean-Claude Marsan, a également descendu en flèche le Projet Griffintown, l’apparentant à un recul 40 ans en arrière: «Avec ce projet, Montréal revient à l’époque de la Métropole du progrès, dépourvue d’un plan d’urbanisme, où les promoteurs défiguraient les paysages urbains».
«Depuis, la ville s’est dotée d’un bon plan d’urbanisme, mais les politiciens semblent avoir perdu conscience de sa signification», estime-t-il.
L’urbaniste juge inacceptable la proportion du projet: «Avec ses 12 hectares de développement et des investissements de l’ordre de 1,3 milliard de dollars, le Village Griffintown est présenté comme un deuxième centre-ville. Or Montréal n’en a pas besoin, elle doit d’abord compléter celui qu’elle possède déjà et qui s’avère d’ailleurs très vaste pour une ville de sa taille», juge M. Marsan.
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