Des talents éclosent
Semaine québécoise de la déficience intellectuelle
Des artistes du grand sud-ouest de Montréal vivant avec une déficience intellectuelle ont concocté des œuvres hautes en formes et en couleurs, qui seront exposées à deux reprises à l’occasion de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle.
Situé à Lachine, le Centre de réadaptation Lisette-Dupras offre une foule de services aux personnes handicapées intellectuelles, dont le Centre pour activités de jour Philippe Barbeau et son atelier Au Phil des Barbeau.
Catherine Lamarre, formée tant en arts visuel qu’en intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, dirige l'atelier et est visiblement très attachée à ses bénéficiaires, des personnes présentant des déficiences intellectuelles souvent sévères et soufrant de problématiques de santé mentale et de troubles envahissants du développement, comme l'autisme.
Longtemps institutionnalisés à l'hôpital psychiatrique Rivière-des-Prairies et souvent maintenus en contention à cause de leurs accès de rage, ces bénéficiaires sont aujourd’hui à même de produire des œuvres d'art, un pas de géant incommensurable du à l’amour, la patience et la disponibilité de Mme Laberge et son équipe d’éducateurs.
«À leur arrivée ici, beaucoup ne pouvaient pas parler, ni avec des mots ou des gestes. Il a fallu leur apprendre à faire de demandes [par exemple demander de l’eau] et on les a habitués à la préhension de différents objets. Le travail a été long avant qu’ils ne prennent les pinceaux et aient conscience de créer un dessin», explique Mme Lamarre.
«Au début, ils peignaient pendant 10 minutes. Aujourd’hui l'atelier dure presque deux heures et j'ai du mal à les arrêter pour le dîner, ils insistent pour revenir après», raconte la responsable de l’atelier.
Les membres de l’atelier Au Phil des Barbeau ont exposé à quelques reprises depuis sa fondation en 2002, ce qui a créé un sentiment de fierté chez les bénéficiaires et une envie irrépressible de recommencer: «Maintenant ils veulent vraiment exposer, ils savent qu’ils vont récolter des bons commentaires. Ils sont fiers. Certains montrent leur toile en disant leur nom ou en se pointant», raconte avec émotion et fierté Mme Lamarre.
Regroupant 110 artistes au total, dont les artistes de l’atelier <@Ri>Au Phil des BarbeauCentre communautaire l’Arche à Ville-Émard (6105 rues Jogues).