L’organisme Dr Clown forme des intervenants en art thérapeutique dédiés à améliorer la qualité de vie de patients de tous les âges.
Changer le mal de place
Dr Clown à Pointe St-Charles
Un organisme très spécial vient d’aménager sur la rue Coleraine à Pointe St-Charles: le centre de formation Dr Clown. La prescription de Dr Clown est cruciale et sans contre-indication: tendresse et fantaisie à volonté pour chaque malade. Traitement à répéter!
Qui n'a pas constaté combien il se sentait mieux après avoir ri en regardant un film comique ou lors d'une discussion joyeuse entre amis? De nombreuses études ont démontré depuis quelques années la valeur thérapeutique de l'humour et du rire. C’est pourquoi, depuis cinq ans, Dr Clown œuvre à améliorer la qualité de vie de patients hospitalisés par ses programmes de clowns thérapeutiques, alliant la complicité, le jeu et l'imaginaire.
Auparavant, situé dans le Vieux-Montréal, l’organisme a déménagé ses pénates à Pointe St-Charles la semaine dernière. Les artistes formés par Dr Clown - ils sont 22 au total - suivent une formation rigoureuse de six mois, avec des journées d’étude théoriques au centre de Pointe-St-Charles et des stages avec coachs dans les différents établissements de santé participants.
«Une fois formés, les clowns bénéficient aussi de séances de formation continue avec un psychologue, afin de ventiler les expériences vécues et les émotions ressenties», raconte Sylvie Laplante, directrice générale de l’organisme.
S'occupant principalement des personnes âgées et des enfants, les clowns thérapeutiques se déplacent à l’Hôpital Montréal pour enfants, à Sainte-Justine, au CHSLD Paul-Lizotte, à l’Hôpital général Juif et à l’Hôpital Notre-Dame, entre autres.
«Nous avons énormément de demandes. C'est dur de répondre à toutes. Nous avons dû créer une liste d’attente», explique Mme Laplante. «Cela prend six mois à former un clown et nos moyens sont limités puisque nous ne fonctionnons que grâce à des dons.»
Les règles du jeu
Les clowns visitent leurs patients chaque semaine, onze mois par année. Ils travaillent toujours en groupe de deux et se soutiennent artistiquement et émotionnellement.
«Les clowns ne travaillent jamais plus que deux jours et demi par semaine, car quand il jouent, ils mettent toute leur vulnérabilité sur la table et c’est émotionnellement très exigeant. Leur seule protection est leur nez de clown, le plus petit masque du monde», explique la directrice de Dr Clown. «Ce qu’il font est tout à fait gratuit; le clown n'est pas là pour exiger quoi que ce soit de l'enfant. Contrairement aux médecins ou à l’infirmière, l'enfant peut lui dire non.»
Lors des visites, le bénéficiaire décide s'il veut ou non ses clowns-docteurs, car ceux-ci ne s'imposent pas. Ces derniers ne sont pas là pour épater, pour prendre la vedette, bien au contraire. C’est le patient qui est le centre du spectacle, tant comme metteur en scène ou héros de l'histoire.
«C’est de l'improvisation en continu. Par exemple, si l’enfant a peur d’un traitement en radiologie, le clown tente de changer la dynamique en créant un jeu de parade pour se rendre à son traitement, parade dont l’enfant devient le centre et son fauteuil roulant… un char allégorique! Il transforme ainsi l'élément de peur en moment de plaisir», raconte la directrice, qui espère pouvoir un jour offrir le service des clowns thérapeutiques à l’ensemble des centres de soins du pays.