Poudrière de talent
Matt Kingsley et la scène musicale du Sud-Ouest
Irlande, Australie, France, Chine, Indonésie, Matthew Kingsley a traîné sa guitare partout dans le monde. Ce musicien de St-Henri jongle avec les genres: de rock folk en solo à rock punk avec son groupe, les Stairway Mary, sa polyvalence est aussi complète que sa culture musicale.
Anglophone originaire de Sherbrooke, Matthew Kingsley raffole de sa nouvelle vie à St-Henri, le meilleur quartier pour les musiciens selon lui. Et on le croit à en voir l’ambiance du petit Café Kats, situé à deux pas de chez lui, et qu’il a lui-même choisi pour l’entrevue.
Situé dans l'ancien immeuble de la RCA de la rue Lenoir à St-Henri, le minuscule café accueillait ce matin-là quelques musiciens venus gratter leur guitare. Véritable lieu de rencontre, à la foi café et boutique d’antiquaire, l’endroit sera d’ailleurs le théâtre de nombreux spectacles de musique sous peu et Matt s’y sent visiblement chez lui.
Le mystère du talent
C'est à l'âge de 21 ans que Matt Kingsley touche à une guitare pour la première fois, alors qu’il travaille dans un ranch en Floride. Comme s’il avait été frappé par la foudre, il s’exerce alors comme un forcené à raison de plusieurs heures par jour et s’améliore constamment grâce à une oreille particulièrement bénie.
Aujourd’hui âgé de 29 ans, il a publié trois albums à compte d'auteur et a une foule de projets en tête, dont une série de concerts alliant musique, improvisation et théâtre afin de dénoncer tout ce qui cloche selon lui dans la société: «Ce sera fait sous un mode clownesque et très accessible au 7 à 77 ans», assure-t-il.
Improviser et enseigner
De l’Europe où il a bourlingué pendant plusieurs mois, Matt Kingsley retient de merveilleux souvenirs: «Lorsque tu joues dans la rue, c’est bien de voir des gens qui s'arrêtent et apprécient, tu sais alors que tu changes quelque chose dans leur journée. Juste dans les rues, j'ai réussi à écouler 100 copies de mes albums. Un propriétaire de club m'a même embauché pour un spectacle à Toulouse après m'avoir vu jouer», raconte-t-il.
Une autre passion de l’artiste: transmettre son amour de la musique aux plus jeunes, ce qu’il a fait à plusieurs reprises tant au YMCA de Cape Cod, où il donnait des ateliers à des jeunes âgées de huit à quinze ans, que dans les écoles primaires de l’Estrie.
«La musique aide à l’apprentissage, le rythme permet d’améliorer la rétention de l'information. Je l'ai observé à plusieurs reprises et ça marche à tout coup», indique le musicien.
S’il se dégage de Matt Kingsley une attitude calme, quasiment zen, cela n'empêche pas ce créatif de bouillonner d’idées, lui qui prépare un nouvel album avec son groupe pour avril 2008, disque qu’il compte enregistrer dans une grange: «C’est pour éviter le son du vide typique des studios», explique-t-il. «Ensuite je vais faire un autre album solo, mais sûrement plus cet été, car je suis trop occupé d'ici là.»
Passionné par la scène musicale montréalaise, il affectionne particulièrement Patrick Watson, Arcade Fire, Malajube et Paul Cargnello, qui sont tous des exemples de réussite à ses yeux.
Avis aux curieux, Matt Kingsley sera en spectacle avec son groupe les Big in China le 1er mars à la salle The Pounds, située au 337 rue Richmond dans la Petite-Bourgogne.