Pas moins de 500 personnes se sont déplacées à L’ÉTS pour la première consultation publique sur le projet Griffintown.
Consultation très populaire
Les organismes du Sud-Ouest inquiets
Si les 300 chaises prévues n’ont pas suffit à accueillir la masse de 500 citoyens qui se sont présentés lors de la première consultation publique sur le projet Griffintown tenue à l’ÉTS le 21 février dernier, ce sont surtout des représentants de groupes communautaires qui se sont succédés au micro.
Après une longue présentation du PPU par des représentants de la Ville, le président de Devimco, Serge Goulet, a montré à la foule un survol animé en 3D de son projet, ce qui a permis de le voir en plans aériens, puis de plonger dans les différentes artères du futur site.
Les deux présentations ayant occupé la moitié des trois heures prévues, les citoyens n’ont disposé que d’une heure trente pour poser leurs questions au micro. En tout, une douzaine de personnes sur les dizaines inscrites ont pu se faire entendre, provoquant un ajournement le mardi 26 février.
Christina Xydous, du POPIR comité logement, a demandé si, parmi les unités de condos qui ne sont pas du logement social ou abordable, il y aurait un tiers de logements familiaux comportant trois chambres à coucher et plus. «Rien de tel n’a été prévu, c’est le marché qui va décider», a répondu M. Goulet. Mme Xydous a également regretté que le projet ne soit pas soumis en dernier ressort à un référendum.
Lucie Lalonde, de la Coalition de la Petite-Bourgogne, a pour sa part souhaité savoir si le projet contenait des écoles et des garderies: «Les commissions scolaires English Montreal et CSDM nous ont assuré qu’il y avait suffisamment de places dans les écoles situées dans un rayon de 4 km, mais des cliniques médicales, cabinets de dentiste et des garderies font partie du projet», a expliqué Georges Bossé de Daniel Arbour & Associés, consultant de Devimco sur le projet Griffintown.
Jocelyn Rochette, de la Coalition pour le sain redéveloppement de Griffintown, a demandé si désormais c’était les promoteurs qui écrivent les PPU, ce que Luc Gagnon, de la Direction de l’urbanisme à la Ville de Montréal a réfuté. À cette question, M. Goulet a répliqué que si c’était lui qui en avait eu la charge, il n’aurait pas mis trois ans à l’écrire.
Hélène Dansereau, de la même coalition, a déploré que malgré le tramway et autres incitatifs prévu pour les vélos, le projet ne compte pas moins de 6300 places de stationnement, dont 5000 places commerciales. Souterraines, ces 5000 places seront néanmoins tarifées.
Pierre Morisete du RESO a demandé une assurance comme quoi le projet contiendra des commerces de proximité, assurance qu’il a reçue, et s’est également fait confirmer qu’un quartier pour les artistes en résidence y serait bel et bien créé.
Le promoteur Roland Hakim s’est lui aussi fait entendre, souhaitant que le terrain dont il est propriétaire soit exclu du PPU couvrant la portion Est de Griffintown. M. Halkim souhaite bâtir deux tours jumelles de 60 étages au coût 2,5 milliard de dollars. M. Gagnon du service d’urbanisme lui a assuré que son terrain n’en faisait pas partie, avant de se rétracter devant le doute semé par M. Hakim. Un éclaircissement devrait être apporté sur la question lors de la prochaine séance.