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Mode écoluxueuse dans le Sud-Ouest

Depuis plus de 10 ans que la créatrice Mariouche Gagné crée ses collections dans son atelier-boutique de St-Henri

Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 10 janvier 2008 à 16:49
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Mode écoluxueuse dans le Sud-Ouest
Au fil des ans, Mariouche Gagné a su tisser des liens serrés avec la communauté et connait tous ceux qui se cachent derrière les commerces novateurs de l’avenue Notre-Dame.
Mode écoluxueuse dans le Sud-Ouest
Depuis plus de 10 ans que la créatrice Mariouche Gagné crée ses collections dans son atelier-boutique de St-Henri
Mariouche Gagné, la designer de mode derrière la désormais célèbre griffe <@Li>Harricana<@$>, recycle de la fourrure, mais aussi toutes sortes de matières, pour en faire des vêtements écoluxueux, prisés partout à travers le monde. Avis aux militants anti-fourrures, le recyclage de vieux manteaux effectué par Mariouche Gagné permet de sauver 50 000 animaux annuellement.
Après des études à Paris et Milan, puis le lancement d’une première boutique sur le boulevard St-Laurent, Mariouche Gagné déménage son entreprise dans le Sud-Ouest en 2002. Elle acquiert le magnifique édifice art-déco au coin des rues St-Antoine et Atwater, ancienne banque Toronto Dominion, qui abrite aujourd’hui son impressionnante boutique.

Le choix du lieu pour son quartier général (boutique, entrepôt et atelier où sont confectionnés tous les prototypes), est tout sauf un hasard: Mariouche adore le Sud-Ouest, elle qui a résidé à Pointe St-Charles pendant près de dix ans, avant de mouvoir ses pénates et sa petite famille à Verdun.

«Je suis tellement contente d’avoir choisi d’établir mon magasin à St-Henri il y a 10 ans, le quartier a tellement pris de valeur depuis! J’ai été témoin de sa transformation, de la réouverture du canal de Lachine et de toute cette nouvelle vague de gens créatifs qui viennent s’y établir et travailler», raconte l’énergique entrepreneuse.

La régénération du quartier a aussi eu des effets positifs pour sa griffe, puisqu’une clientèle locale, issue des résidences de luxe bordant le canal, fréquente de plus en plus le magasin: «J'ai des beaux couples d’hommes d’affaires homosexuels qui fréquentent la boutique ainsi que toutes sortes de gens des lofts Redpath et des environs», confie-t-elle.

«Les gens aiment venir ici parce qu’ils sont traités en V.I.P.. Quand vient le temps de dénicher un cadeau pour leurs femmes, les maris nous adoptent, car ils sont servis comme des rois par plein de jolies filles», s’amuse Mariouche Gagné, une lueur de malice dans les yeux.
Viva St-Henri !
Au fil des ans, la designer a su tisser des liens serrés avec la communauté et connait tous ceux qui se cachent derrière les commerces branchés de l’avenue Notre-Dame, des restaurants <@Ri>Joe Beef<@$>, <@Ri>Liverpool House<@$> et <@Ri>Limon<@$> en passant par le tout nouvel atelier de graphisme, <@Ri>Surface Jalouse<@$>, et la friperie Vintage <@Ri>E.R.A.<@$>.
Parmi les autres accointances de Mariouche Gagné, soulignons qu’elle présentait en décembre un défilé au profit du dispensaire diététique de Montréal (organisme qui veille sur la nutrition des femmes enceintes et de leurs bébés dans les milieux défavorisés depuis 1879), à la superbe Galerie Parisian Laundry, située à deux pas de la boutique.

La designer ne se gêne pas non plus pour donner un coup de main aux différents créateurs du quartier, avec qui elle échange des idées. «Quand je vois des trucs trippants ou que j’ai des clientes dont les goûts correspondent, je les envois chez Annie de Grandmont, coordonnatrice de la boutique La Gaillarde», explique-t-elle.

Située au coin de Notre-Dame et Place St-Henri, il s’agit d’une friperie pour laquelle 40 designers travaillent des matières recyclées et créent des lignes de prêt-à-porter. «Une fois, je leur ai même prêté ma voiture… C'est normal de s’entraider, ce n’est pas de la compétition pour nous qui faisons plutôt dans l’écoluxe», illustre Mariouche Gagné.
Un «success story»
Contrairement aux idées reçues, la griffe Harricana ne fabrique pas que des vêtements pour la froide saison: «Nous recyclons les doublures des manteaux de fourrure, qui sont souvent en soie ou en matières nobles et nous faisons des robes, des jupes des hauts, etc.», explique la designer de mode.
«Tranquillement, les gens commencent à être au courant. D’ailleurs, nos ventes de vêtements d’été ont augmenté de 30% en 2007, probablement parce que des vedettes les ont portés», indique-t-elle.

Autre nouveauté, Mariouche Gagné et son équipe recyclent maintenant les robes de mariées. Le jour de notre passage, une cliente venait justement travailler sur la sienne, créée à partir de la robe de mariée de sa grand-mère.

La PME Harricana emploie une vingtaine de personnes au total, sur place à la boutique de St-Henri, de même qu’à la toute nouvelle boutique de Québec. Environ 7500 manteaux de fourrure y sont récupérés annuellement, soit plus de 50 000 depuis la création de la griffe en 1997. Le nombre de bêtes ainsi sauvées? Près d’un demi-million.

Et où la sympathique trentenaire voit Harricana dans dix autres années pour le 20e anniversaire de son entreprise? Rien de moins que partout dans le monde!

«Vous savez, j’ai des ambitions démesurées», avoue-t-elle candidement. «Déjà, dans six mois on aura notre premier bureau européen, puis, en 2009, une première boutique soit à Paris ou à Genève.»

En attendant, la jolie dame prendra un congé de maternité bien mérité en mars et laissera son entreprise entre les mains sûres de Caroline Perreault, directrice générale d’Harricana et bras droit depuis 10 ans.

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