Le bal des voleurs
Martin Tremblay, Vincent Lacroix, Conrad Black, Brian Mulroney… vous connaissez? ... On pourrait dire qu’ils ont vraiment été les vedettes de 2007, comme d’autres, bien sûr, de même acabit…
Martin, Vincent, Conrad, Brian (… et les autres, comme Benoît Laliberté, de Jitec) ont en effet été de grandes vedettes médiatiques en 2007, en nous montrant de belle façon, encore une fois, que «le pouvoir corrompt», que devant l’appât du gain, «l’argent n’a pas d’odeur», «l’argent ne fait pas le bonheur», et comme le dit si bien le grand Yvon Deschamps, lucide, intelligent et cultivé humoriste, «vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade»…
Je pourrais vous servir bien d’autres adages, proverbes et lapalissades (vérités de La Palice), mais l’idée, simplement, brièvement, finalement, est de démontrer que personne, quel que soit son rang social, n’est à l’abri des lois quand vient le temps de répondre de ses actes répréhensibles. Dura lex, sed lex, la loi est dure, mais c’est la loi! On a beau être magnat de la presse et de l’édition, ex-premier ministre d’un grand pays, fin financier dans sa propre entreprise ou habile et rusé démarcheur auprès des industries, institutions et gouvernements, on est, un jour ou l’autre, tous égaux devant la Loi.
Martin Tremblay, arrêté et extradé pour des accusations de blanchiment d’argent, qui coule des jours malheureux (?) aux Bahamas, se pavanant d’un bateau de croisière à un autre, sous le soleil, en attendant sa sentence… Une histoire bien singulière, bien loin d’être claire…
Vincent Lacroix, piteux et pathétique, toujours à pied, traînant ses valises de documents sur roulettes ou à bout de bras, devant les caméras braquées sur lui, se défendant seul – et se trouvant aussi visiblement esseulé, sans soutien de ses proches, bien seul face à lui-même –, jusqu’à la fin, en clamant constamment son innocence, jusqu’à ce qu’il soit trouvé coupable et qu’ENFIN il adresse ses excuses à ses clients floués, volés… Faute avouée n’est pas toujours à moitié pardonnée…
Lord Conrad Black: il a beau avoir été ennobli par la Cour d’Angleterre, il n’a pas pour autant les mains blanches. Il est parti avec l’argent de sa propre caisse, si on peut dire, sans le dire à ses associés et partenaires d’affaires, lui, l’homme riche, puissant, influent, charmant…
Brian Mulroney, ex-premier ministre du Canada, qui a essayé de nous faire pleurer sur ses revers de fortune (!?), lui qui a reçu d’importantes sommes en espèces d’un coloré démarcheur du nom de Schreiber, lui qui a viré mers et monde pour se faire innocenter, lui qui a forcé son propre parti politique (Parti conservateur), au pouvoir, à prendre ses distances…
Quatre hommes, quatre générations ou presque, quatre histoires à mille versions, quatre destins semblables dans l’action, différents dans le dénouement et dans ce qu’on en retiendra.
Savez-vous la bonne nouvelle de 2007?... Comme l’écrivait il y a quelques jours un chroniqueur, la bonne nouvelle de 2007, c’est qu’elle se termine (enfin) dans quelques jours et que l’on pourra donc tourner la page et espérer mieux et meilleur roman pour l’année 2008.
P.S. Merci au dramaturge français Jean Anouilh pour le titre. Sa pièce de théâtre est toutefois plus légère et plus divertissante que les aventures de nos quatre riches déchus…