Saviez-vous que vous risquez une contravention si vous vous stationnez à moins de cinq mètres de distance du signal d’arrêt?
Bancs de neige et contraventions
Des citoyens écopent d’une amende de 52$ pour s'être stationné à moins de cinq mètres d’un panneau d’arrêt
Vendredi 30 novembre, il est 17h. Lorraine Beausoleil, résidente de St-Henri, découvre une contravention de 52$ sur son pare-brise. Son mari trouve la même chose sur la sienne peu de temps après. Une semaine plus tard à Ville-Émard, Pierre Bergeron fait face à la même situation. Sa contravention dans les mains, il remarque que d’autres citoyens sur la rue ont subi le même sort. Quelle faute ont commise tous ces gens? Se stationner à moins de cinq mètres de l’arrêt-stop.
Bernard Metcalfe, agent sociocommunautaire au poste de police de quartier 15 de la rue Notre-Dame assure qu’il s’agit là d’un règlement faisant partie du Code de la route et que les policiers s’en servent régulièrement.
«Il s’agit d’assurer la visibilité aux coins des rues pour que les piétons puissent traverser», explique l’agent. «De plus, si l’auto stationnée est trop proche du coin de la rue, il est difficile pour les camions de tourner et ils doivent se mettre dans l’autre voie, ce qui peut être dangereux», poursuit-il.
L'agent estime également que les importantes chutes de neige sont à la source d’un nombre accru de ce type de contraventions: «Avec les bancs de neige qui réduisent déjà l’espace et la visibilité, il est d’autant plus important de respecter l'espace de cinq mètres avant le panneau d’arrêt», conclut-il.
Ces explications ne convainquent pas Mme Beausoleil: «J’étais stationnée à plus de cinq mètres du coin de la rue, à minimum deux mètres du passage piétonnier et au-delà des lignes blanches tracées sur la chaussée, mais, ô malheur, à environ un mètre du signe d'arrêt», raconte la résidente de St-Henri.
«Pendant 25 ans, les policiers qui ont patrouillé les rues de mon quartier n'ont pas jugé dangereuse ma façon de stationner puisque je respectais les piétons et les autres automobilistes qui voulaient faire leur virage au coin de la rue. Même les plus gros camions pouvaient manœuvrer sans n’être nullement dérangés par la présence de nos deux voitures», poursuit-elle.
Deux citoyens en colère
«Lorsque je me suis rendue au poste de police pour demander des explications, on m'a d'abord signifié que j'avais été bien chanceuse de m'en sortir pendant 25 ans. M'étonnant alors du fait que d’autres automobilistes de mon quartier qui avaient commis la même infraction au Code de la route ne soient pas pénalisés, on m'a gentiment expliqué que si les policiers donnaient des contraventions à tous ceux qui commettent cette infraction, il n'y aurait plus de place pour stationner dans la ville», raconte Mme Beausoleil.
Tout aussi indigné, Pierre Bergeron s’interroge sur les motifs d’un tel règlement: «Je suis tout à fait d'accord avec la mission de faire respecter la loi qu’ont les policiers, mais savez-vous qu’aujourd’hui subsiste des lois pour les feux à mettre sur les charrettes tirées par les chevaux? Est-ce que la police se doit d’appliquer des règlements totalement désuets?», s’interroge M. Bergeron, précisant au passage s'être stationné à l’endroit litigieux pendant 10 ans sans jamais n’avoir reçu de contravention.