Concerts, spectacles, expositions, la Maison de la culture offre une centaine d’activités annuellement.
Indispensable culture
Marie-Uguay : 25 ans de travail pour rendre accessible l’art sous toutes ses formes
Martin Philippe Côté dirige de main de maître les destinées de la Maison de la culture depuis bientôt 20 ans. Passionné de culture, diplômé d'histoire de l'art, l’homme chapeaute la programmation annuelle de cet incontournable lieu de diffusion du Sud-Ouest, qui célèbre en grande pompe son 25e anniversaire ces jours-ci.
Fondée en 1982, la Maison de la culture Marie-Uguay est la deuxième du réseau et la première à avoir été construite à cet unique usage. Si, à l’époque de l’ouverture, Yvon Lamarre la qualifiait de «petite place des arts de quartier», l’établissement est aujourd’hui une référence en matière d’équilibre entre avant-garde et art populaire et se positionne très bien sur le plan montréalais, ses activités étant régulièrement recensées dans les différents médias écrits et électroniques.
Des grands coups, il y en a eu depuis l’ouverture… comme ce spectacle en 1997 pour célébrer le premier anniversaire du décès du musicien jazz issu du Sud-Ouest, le grand Charles Biddles: «Au départ ça se voulait quelque chose d’intime et ça fini en un ‘show’ immense avec Olivier Jones, Ginette Reno et Joe Bocan [belle-fille du défunt musicien] à l’Église Ste-Irénée», se rappelle Martin Philippe Côté.
Autre rôle de l’institution, faire connaitre des artistes émergents : «Cet automne nous avons 3 gars su’l sofa, mais nous avons aussi eu Pierre Lapointe au tout début de sa carrière. Même chose pour Richard Desjardins… en 1988. Les gens qui fréquentent la Maison de la culture ne savent pas toujours ce qu’ils viennent voir», explique-t-il.
«Un jour, une dame m’a dit : ‘Même quand je ne connais pas l'artiste, je viens voir le spectacle pareil, parce qu’ici c’est toujours bon’. Je peux vous dire que ce genre de commentaire nous encourage à continuer!», raconte-t-il.
Ouverture sur le monde
Des amitiés, l’animateur culturel à la tête de la Maison de la culture Marie-Uguay en a vu se former : «Je connais des personnes qui, un soir, ont décidé de venir voir des spectacles ici plutôt que de regarder la télé et elles en ont rencontrée d’autres. Je suis convaincu que la fréquentation a permis à des gens non seulement de sortir de l'isolement, mais cela a peut-être stimulé certaines personnes à retourner aux études, à se chercher un emploi. Parfois, on n’a pas idée du bien que l’on peut faire», expose-t-il.
La Maison de la culture Marie-Uguay, c’est aussi l'importance d’attirer les enfants et les adolescents en collaborant constamment avec les écoles du secteur :«Nous avons toujours eu comme objectif de rejoindre un public le plus large possible, dont les jeunes, avec des expos comme ‘Passeport Tintin’ ou encore ‘Montréal l’hiver autrefois’», illustre-t-il.
Déjà 25 ans!
Cet automne, plusieurs activités son prévues au calendrier pour souligner le 25e anniversaire de la Maison de la culture Marie Uguay, dont le plus que prometteur spectacle Marie Uguay à la vie à la poésie, sorte de plongée dans le journal de la poétesse disparue il y a 26 ans. Les comédiennes Markita Boies, Alexia Bürger et Sylvie Léonard prêteront leur voix à ce happening mis en scène par Marcel Pomerlo qui aura lieu le 26 octobre.
Lors du spectacle anniversaire du 1er novembre, l’institution accueillera Luce Dufault et Richard Desjardins, accompagnés d’un quatuor à cordes… et de la chorale pas de nom de l’école secondaire St-Henri!
Deux expositions d’artistes établis dans l’arrondissement du Sud-Ouest viendront compléter cette programmation spéciale, jusqu’au 25 novembre.
L’exposition Face à face de Bernard Gamoy explore avec dérision l’autoportrait, tandis que Nathalie Maranda et Pier Chartrand proposent Le cantique des Créatures, une installation qui se veut un manifeste contre la cruauté envers les animaux.
Voir grand!
Martin Philipe Côté voit grand pour sa «sa maison». Sa famille étant issue de Côte-St-Paul et Ville-Émard [Son père était le bien connu journaliste Maurice Côté du Journal de Montréal], lui-même habitant à St-Henri, il a été témoin de toute l’évolution récente du quartier et entend bien répondre aux exigences de la nouvelle clientèle.
«Il faudra éventuellement construire un nouvel édifice, car le plafond [de 8,5 pieds en hauteur seulement], ne permet pas d’accueillir de grands événements de danse contemporaine – à partir de la troisième rangée, on ne voit plus les pieds - ou de théâtre -où les décors commencent généralement à 14 pieds de haut», explique l’animateur culturel.
Aussi, ce dernier rêve d’accueillir des troupes d'artistes en résidence, de pouvoir présenter des expos en arts visuels tournées vers les nouveaux médias ainsi que des installations gigantesques, impossibles à accueillir dans les murs actuels de l’établissement.
Martin Philippe Côté compte bien continuer de veiller sur la destinée de la Maison de la culture Marie-Uguay et c’est tant mieux étant donné la qualité et la pertinence de sa programmation, qui, à l’image de son quartier, est en constante évolution.