Trois jeunes centenaires dans le Sud-Ouest
Depuis le mois de septembre, le Sud-Ouest de Montréal cumule les centenaires. Aline Laurin, Cécile Major et Aldea Parent ont récemment célébré leurs 100 ans. Elles semblent partager la même philosophie : vivre dans le moment présent et demeurer positive. Portrait de trois femmes qui ont parcouru un siècle d’histoire.
Interrogées sur les meilleurs moments qu’elles conservent de leur vie, leurs réponses sont unanimes: elles n’ont pas vu de différences parmi ces belles années. Aucune d’entre elles ne fait mention des deux guerres mondiales, du droit de vote accordé aux femmes en 1940, ni de l’évolution de leurs quartiers. «Le bon vieux temps» semble exempt de leur vocabulaire. Car elles vivent dans le moment présent.
Leur souhait commun : garder la santé. Qui a dit que vieillir rendait gaga?
Cécile Major
Née le 16 septembre 1907, Cécile Major demeure seule dans un HLM pour personnes âgées à Côte-St-Paul et prépare ses trois repas quotidiens. Elle fait un peu de ménage et le lavage. «Pour les emplettes cependant, j’accompagne parfois ma fille, ou sinon, c’est mon gendre qui s’en occupe», précise-t-elle.
Elle aime rire, et danse encore à l’occasion, notamment lorsqu’elle a fêté son premier siècle.
Les fins de semaine, Cécile Major va souvent au restaurant avec sa fille. Et les sorties ne se limitent pas à ça. «Il m’arrive d’assister à des spectacles au casino, et je vais aussi au cinéma quand des vues m’intéressent. Je lis beaucoup aussi : le Bel âge, d’autres magazines… »
Sa vie : un bilan positif. «J’ai beaucoup voyagé et j’ai encore de bons amis, que je conserve depuis 60 ans. Ils sont comme de la famille.»
Prévoit-elle vivre encore pour 20 autres années? Elle se met à rire de bon cœur. «Je voudrais, mais je ne pense pas !».
Aldea Parent
Aînée d’une famille de 18 enfants, elle est la seule survivante. Elle n’a jamais fumé, ni bu. Elle a travaillé jusqu’à 65 ans, et s’est occupée de ses deux maris pendant 35 ans, tous deux défunts aujourd’hui. De ses six enfants, Aldea Parent en a vu deux mourir. Son petit-gendre Terry était triste de voir sa belle-tante partir. «Arrête de pleurer, ça va te rendre malade», lui avait-elle conseillé.
Cette résidante de Pointe-St-Charles a aujourd’hui 21 petits enfants. Confuse à l’occasion, elle se fait aider deux fois par jour, par sa fille Joyce, puis par sa petite-fille Christina. «Quand j’étais jeune, elle s’occupait de moi, maintenant c’est moi qui s’occupe d’elle», lance Christina en riant. Joyce poursuit : «C’est beaucoup de travail de s’occuper de ma mère, mais jamais on ne la placerait en résidence. Elle partirait.»
Née le 11 septembre 1907, Aldea semble avoir 80 ans. Sa bonne humeur l’a sans doute conservée «jeune», et l’amour de ses proches aussi.
Aline Laurin
Au moment de rencontrer Aline Laurin aux Floralies St-Paul, celle-ci lisait un journal avec sa loupe. Le 8 septembre dernier, elle a célébré son centième anniversaire, mais le chiffre n’apporte pour elle pas vraiment de différence.
Très lucide, Aline Laurin continue à veiller sur ses responsabilités. Elle éprouve des troubles auditifs et depuis quelques mois, elle se sent légèrement fatiguée. Or, elle continue de payer ses comptes, et se rend seule à la salle à manger du foyer avec une marchette, mais d’un pas zélé.
Si elle s’est occupée de proches malades lorsqu’elle était jeune, Aline conserve quant à elle la santé après un siècle, et son bon sens de l’humour.
«J’ai eu de bons parents, j’ai été bien élevée», conclut-elle.