Silvia Casas et Jeani Riddle, sont de véritable passionnées de l’art contemporain à la tête de la galerie Parisian Laundry à St-Henri.
St-Henri : nouvelle Mecque de l'art contemporain ?
La galerie Parisian Laundry contribue à faire connaître l'art à tous les publics
La plus grande galerie montréalaise - 15 000 pieds carrés ce n’est pas rien -, se trouve sur la rue St-Antoine, dans le quartier St-Henri. Depuis son ouverture en septembre 2005, la Parisian Laundry accueille bon an mal an, pas moins d’une quinzaine d’expositions.
Une équipe de véritables passionnés s'y active à découvrir de nouveaux talents, l’institution représentant pas moins de neuf artistes émergents ou à la réputation établie.
Galeriste passionnée, Silvia Casas, adjointe à la directrice, a été témoin de l'évolution de l’endroit depuis son ouverture.
«Notre collection privée compte 150 œuvres mais ça va aller en augmentant, certains de nos artistes sont en production en ce moment», explique-t-elle.
C'est bien là le rôle d’un galeriste, soit non seulement de repérer le talent, mais aussi l'encadrer et surtout, le vendre: «On ne peut pas travailler avec des artistes en qui l’on ne croit pas, notre relation avec eux est très spéciale et précieuse. Nous les voyons cheminer. Moi j'admire les gens qui osent faire quelque chose de nouveau, qui prennent des risques», explique Mme Casas.
Formée en histoire de l’art, cette dernière explique avec passion le travail de ses protégés: «Nous représentons BGL, trois gars originaires de Québec, qui sont de véritables vedettes de l’art contemporain québécois. Ils ont exposé au Musée d’art contemporain de Montréal, participé à plusieurs biennales et le Musée des beaux-arts d’Ottawa vient tout juste d'acheter une de leurs installations. Leur travail est très ludique, ils ne se prennent pas au sérieux», raconte-t-elle avec fierté.
L'écurie de la Parisian Laundry compte également des artistes renommés comme Janet Werner, et plusieurs artistes émergents déjà forts remarqués, comme Radeq Brousil, Valerie Blass et Rick Leong.
La galerie prête aussi un soin bien particulier à représenter la gent féminine, longtemps ignorée en art et encore minoritaire aujourd’hui : «Ce qui compte c'est le talent, mais, lorsque nous le pouvons, nous sommes contentes de pouvoir promouvoir des femmes. Par le passé, elles n’étaient même pas admises aux écoles de beaux-arts - parce qu'elles ne pouvaient pas voir de nu -, et, encore de nos jours, il n’est pas rare que certaines mettent leur carrière en veilleuse afin de s’occuper de leurs enfants, ce que les hommes font rarement», illustre-t-elle.
Petit tout guidé
L'édifice de la Parisian Laundry a été construit en 1933 et a abrité, jusqu’à l'an 2000, une véritable blanchisserie industrielle desservant les plus grands hôtels montréalais. Le propriétaire de l’immeuble actuel a tout simplement gardé le même nom, mais a fait beaucoup de travaux pour en faire le lieu magnifique d’aujourd’hui.
«Il a fallu trois années complètes de travaux pour restaurer l’intérieur, qui était vraiment en mauvais état. Le propriétaire a quand même décidé de garder les caractéristiques principales des lieux, comme les poutres en bois, même si normalement dans les galeries on les recouvre de gypse blanc, pour ne pas troubler la lecture des œuvres. Mais justement, je trouve qu’elles donnent du caractère à l’endroit comme elles sont», estime Mme Casas.
Chaque étage de la Parisian Laundry a ses spécificités: le sous-sol, lieu de toutes les expérimentations, est resté presque à l’état brut. L’ex salle de livraison, maintenant nommée le bunker, a notamment accueilli des installations et des œuvres interactives.
Au rez-de-chaussée, les plafonds, hauts de douze pieds, insufflent une bouffée d'air et d'espace à l'endroit fraîchement repeint et réaménagé en vue de l’ouverture de la saison 2007-2008, qui débutera dans deux semaines avec la tenue du mois de la photo, dont la galerie sera un des pôles d'importance.
À l’étage, les planchers et plafonds de bois franc contribuent à créer une ambiance chaleureuse: «Chaque étage est une galerie en soi pour nous, alors on peut présenter des expositions différentes à chaque étage, notamment des expos solos», indique Silvia Casas.
Jeanie Riddle, la directrice de la galerie, est une artiste qui expose régulièrement et qui est très implantée dans le circuit de l'art contemporain: «C'est génial, parce qu’elle a plein de contacts et a un regard sur l'art de l'intérieur», explique Mme Casas.
«Notre but est de donner à tous la capacité de jauger l'art, pas juste les connaisseurs. Souvent les gens n’apprécient pas une œuvre parce qu’ils ne la comprennent pas et nous sommes là pour la leur expliquer», illustre-t-elle.