QUEBEC - Abandonnée en masse par les électeurs depuis un an, l'Action démocratique du Québec (ADQ) n'a peut-être pas encore touché le fond. Dans les officines de l'ADQ, certains redoutent une débandade monumentale dans les trois élections complémentaires du 12 mai.
A l'état major du parti, personne ne se fait d'illusion sur l'issue des élections dans les circonscriptions de Hull, Bourget et Pointe-aux-Trembles, à commencer par le chef lui-même.
"Ce sont des comtés où nous n'avons jamais fait de gain", a laissé tomber Mario Dumont, en entrevue mercredi à La Presse Canadienne, au terme d'une journée de campagne dans la circonscription de Hull.
Dans l'entourage de la direction adéquiste, le ton est beaucoup plus sinistre.
"Si vous croyez que le vent qui souffle présentement est défavorable pour l'ADQ, attendez au lendemain des partielles, ça va être une tempête", a avancé un organisateur influent, sous le couvert de l'anonymat.
Ce dernier va jusqu'à une humiliante quatrième place dans la circonscription de Bourget.
Dans l'espoir de freiner la chute du parti dans les intentions de vote, M. Dumont a remanié son personnel de recherche et de communication en plus de revoir les tâches de ses conseillers. Mais ces changements ne sont que le prélude à un ménage plus ambitieux, plus "visible" aux yeux du public.
En effet, le leader adéquiste annoncera d'ici deux semaines un remaniement en profondeur de son cabinet-fantôme, afin d'ajouter du tonus aux interventions de l'ADQ en Chambre.
"Il n'est pas de mon intention de laisser des députés sans responsabilité, mais il est important que chacun joue son rôle et joue bien son rôle. La discipline est fondamentale", a commenté M. Dumont.
Le leader de l'ADQ reconnaît ainsi implicitement que son équipe actuelle n'arrive pas à pousser dans les câbles les ministres du gouvernement Charest. Même s'il maintient que ses députés ont fait un bon travail d'opposition officielle, il estime que le temps est venu d'apporter du changement.
"Il faut être plus mordant à la fois pour faire la démonstration des problèmes du Québec qui ne sont pas réglés et aussi pour se rapprocher du terrain", a-t-il expliqué.
Mario Dumont souhaite que "les bons coups" de l'ADQ soient davantage mis en relief. Pour s'acquitter de cette tâche, il a embauché Vital Adam à la direction des communications de son cabinet.
Originaire de Joliette, M. Adam est un communicateur stratégique et a oeuvré autant en agence de communication que dans le secteur corporatif.
Par ailleurs, l'ancienne journaliste Stéphanie Desforges occupera les fonctions d'attachée de presse du chef de l'opposition officielle, alors que Sébastien Gariépy assumera les mêmes responsabilités à l'aile parlementaire.
Dans le secteur du contenu et des opérations politiques, Jean-Nicolas Gagné est nommé conseiller politique au cabinet du chef. M. Gagné a été l'attaché de presse et l'homme à tout faire de M. Dumont pendant six ans.
Elodie Girardin-Lajoie est pour sa part nommée coordonnatrice des opérations politiques. Elle sera secondée par Eric Vachon qui accède au poste de coordonnateur de tournée.
Jean Nobert, un membre fondateur de l'ADQ, sera chargé de la liaison entre le cabinet du chef et le caucus. Un autre membre fondateur, Patrick Robitaille, assurera quant à lui la liaison entre le cabinet et le parti.
Finalement, l'ancien bloquiste Pierre Brien, un conseiller politique, est nommé chef de cabinet du leader parlementaire.
Ces changements au cabinet surviennent après la publication d'une série de sondages dévastateurs pour l'ADQ.
Après avoir frôlé le pouvoir à l'élection de 2007, la formation de Mario Dumont ne recueillait plus que 17 pour cent des intentions de vote la semaine dernière, selon un sondage CROP.
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