MONTREAL - Souhaitant rejoindre toutes les personnes vivant dans l'itinérance et s'assurer qu'aucune d'elles ne soit laissée pour compte, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal financent cette année un service de répit pour les sans-abris qui se voient refuser l'accès aux refuges réguliers.
Trois ans après avoir connu d'excellents résultats avec un projet qui offrait des ressources semblables aux itinérants de Montréal, un service de répit sera à nouveau offert cette année aux personnes qui sont exclues des grands refuges lorsqu'elles ne respectent pas leurs règlements.
En vertu de la réglementation des locaux d'hébergement, les sans-abris doivent parfois rebrousser chemin s'ils sont intoxiqués, violents ou s'ils ont des problèmes de santé mentale.
Depuis le 15 décembre, et tous les jours, 24 heures par jour, jusqu'au 15 mai, la Mission Bon Accueil et la Mission Old Brewery ont mis à leur disposition 6 chambrettes, dont l'accès n'est assujetti à aucun règlement. Les intervenants sociaux, qui veilleront chacun sur deux visiteurs, accueilleront tout le monde et dans n'importe quel état, garantit Cyril Morgan, le directeur-général de la Mission Bon Accueil. En cas de besoin, les gardiens de sécurité pourront leur venir en aide, précise-t-il.
La Ville de Montréal a octroyé 30 000 $ pour l'aménagement des lieux, tandis que Québec offrira plus de 240 000 $ aux deux organismes pour la mise en place des services.
Les quatre chambres pour hommes de l'établissement de M. Morgan et les deux chambres pour femmes de la Mission Old Brewery sont disponibles pour les itinérants pour une période maximum de 72 heures, après quoi les visiteurs auront eu le temps de se reposer et les intervenants des organismes communautaires pourront les rediriger vers d'autres services, si les demandeurs le souhaitent. Les services sont tous offerts sur une base volontaire.
Les gouvernements provincial et municipal n'ont pas précisé si les services de répit seront financés pour les prochaines années, mais le besoin se fait bien sentir, selon M. Morgan.
"Ca fait trois ans qu'on lutte avec le gouvernement pour mettre ce service-là sur pied, alors on est bien contents qu'il ait été mis en place. Mais ce qu'on aimerait, c'est l'offrir 12 mois par année. Pour le moment on ne reçoit des subventions que pour une période de 5 mois", a-t-il expliqué. Les groupes communautaires attendent de savoir s'ils pourront à nouveau compter sur le soutien de la Ville et de Québec l'hiver prochain.
La Commission parlementaire sur l'itinérance du gouvernement québécois, dont les travaux ont été interrompus par le déclenchement des élections provinciales, et la consultation publique sur l'itinérance menée par la Ville de Montréal, au printemps dernier, ont cependant toutes deux fait état du besoin de services de répit comme ceux qui sont offerts à la Mission Bon Accueil et à la Mission Old Brewery.
"Ce qu'on peut dire, c'est que pour l'instant on va évaluer cette première expérience commune. Mais à mon avis on est en bonne position pour dire que ça devrait être une priorité pour les prochaines années aussi", a indiqué Marie-Andrée Beaudoin, mairesse de l'arrondissement d'Ahunstic-Cartierville et membre du comité exécutif de Montréal responsable du développement social et communautaire.
"Le service va s'offrir du 15 décembre au 15 mai, et ce qu'on souhaite bien sûr c'est qu'il soit récurrent et qu'on en fasse une belle habitude, parce que c'est un besoin qui sera toujours présent", a-t-elle ajouté.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne