Stephen Harper et James Flaherty
Flaherty paie 122,430 $ pour un discours
C’est beau la neige. Ça couvre tout de blanc.
Une grosse bordée de neige est tombée sur Ottawa cette semaine. Il y a eu également une autre sorte de blanchiment.
La commissaire fédéral aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mary Dawson, a blanchi le ministre des Finances James Flaherty dans l’affaire du contrat accordé à un ami pour la rédaction du discours du budget en 2007.
En tant que ministre des Finances Flaherty doit présenter un budget à la Chambre des communes tous les ans. Cela veut dire un discours d’environ une demi-heure. Le ministre n’écrit pas ses propres discours.
Semblerait-il, qu’il n’y avait personne parmi les 3,852 employés du ministère des Finances qui peut faire la «job» de façon compétente.
Donc en 2007, les Conservateurs ont recouru aux services de quelqu’un de l’extérieur du gouvernement, soit Hugh MacPhie de Toronto.
Par pur hasard, ce même monsieur MacPhie était l’ancien organisateur politique de monsieur Flaherty alors qu’il faisait de la politique provinciale en Ontario.
MacPhie a eu le contrat sans passer par le processus de soumission exigé pour les contrats de cette importance.
C’était un beau contrat quand même – pas des pinottes. MacPhie a reçu 122,430 $ pour préparer le discours de 22 pages.
C’était un beau discours, bien écrit. Le ministre paraissait éloquent. C’était le discours dans lequel monsieur Flaherty a dit qu’il n’y aurait jamais de déficit aussi longtemps qu’il serait ministre.
Monsieur MacPhie est un expert en communications. Il sait bien faire passer le message du ministre.
D’après les documents disponibles Monsieur MacPhie a travaillé environ un mois sur le discours.
Évidemment les députés de l’Opposition, qui ne comprennent pas comment fonctionne le gouvernement Conservateur, n’ont pas apprécié les belles tournures de phrases dans le discours et se sont plaints à madame Dawson, la commissaire à l’éthique de l’accroc à la politique.
Le plus virulent à cet égard, c’était le montréalais Thomas Mulcair du NPD.
Ça n’a pas aidé que MacPhie soit allé dire aux médias que ce n’était pas la première fois qu’il recevait des contrats du ministère des Finances.
Il en avait rédigé sept ou huit, pour un total d’environ 320,000 $ depuis que son ancien poulain politique Flaherty était ministre.
Mme Dawson, une ancienne sous-ministre reconnue pour son intégrité et nommée à son poste de commissaire par le Premier ministre Stephen Harper en 2007, a fait enquête dans l’affaire.
Son rapport est sorti cette semaine. Elle blanchit complètement Flaherty. Jamais il n’aurait fait des pressions sur les fonctionnaires dans son bureau pour qu’ils engagent son ancien organisateur politique, a-t-elle écrit.
Même pas la moindre d’appel téléphonique. Tout c’est passé sans l’intervention de Flaherty.
Madame Dawson écrit dans son rapport publié à Ottawa jeudi que les fonctionnaires lui ont dit que Flaherty n’avait rien à faire avec l’embauche de Hugh MacPhie.
L’embauche a dû se faire par pur hasard, semblerait-il.
Conclusion : Flaherty est blanc comme la neige.
Cependant Mme Dawson a noté dans son rapport que selon elle, il y avait eu un certain « manque de rigueur » dans le processus d’embauche sans soumission de MacPhie. Donc dorénavant il faudra plus de « rigueur. »
Elle écrit que l’affaire laisse Flaherty « vulnérable » aux allégations que MacPhie aurait reçu un traitement préférentiel.
Et dans le gouvernement de Stephen Harper il ne faut surtout pas qu’un ministre soit « vulnérable. »
Donc, dorénavant il faudra « prendre des mesures » pour prévenir des situations semblables, dit-on au ministère.
Et la neige continue de tomber doucement sur Ottawa.
Denis Plante
Commentaire mis en ligne le 26 décembre 2008Bonjour!
Il serait tout de même très intéressant de pouvoir lire comment se subdivise cette facturation...afin que nous puissions comprendre comment il gagne de l'heure cet écrivain-ami. J'espère que ce montant couvrait les frais de traduction...