QUEBEC - Le gouvernement du Québec ne permettra pas aux municipalités de décréter par loi spéciale les conditions salariales de leurs employés, a déclaré mercredi le ministre du Travail, David Whissell.
Le ministre estime qu'une telle disposition irait à l'encontre de la liberté de négocier de bonne foi une convention collective, tel que prescrit par le Code du travail.
Il ne partage pas l'opinion du maire de Québec, Régis Labeaume, qui a revendiqué, la semaine dernière, plus de marge de manoeuvre afin que les villes puissent imposer des conditions de travail, notamment par loi spéciale.
"Nous avons un Code du travail très progressiste qui permet aux parties, autant aux villes, de négocier, renouveler leurs conventions collectives, et sous aucune considération le gouvernement du Québec voudrait permettre aux municipalités de décréter par loi spéciale les conditions salariales de leurs employés", a déclaré M. Whissell en Chambre.
Il a toutefois reconnu que l'Union des municipalités du Québec avait fait des représentations afin d'obtenir des modifications au Code du travail.
Selon le ministre du Travail, le président de l'UMQ, Robert Coulombe, n'endosse toutefois pas la proposition de M. Labeaume.
Vendredi dernier, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, avait confirmé que le gouvernement souhaitait améliorer le rapport de force des municipalités dans le cadre des négociations de conventions collectives.
Elle n'avait pas voulu donner de précisions sur les moyens qui pourraient être proposés, affirmant que la réflexion à ce sujet venait d'être amorcée avec M. Whissell.
Lundi, le porte-parole de l'opposition officielle responsable du dossier du travail, Jean-François Therrien, a relevé des contradictions dans la position du gouvernement, soutenant que Mme Normandeau avait reconnu la légitimité des revendications de M. Labeaume tandis que M. Whissell leur avait cette semaine opposé une fin de non-recevoir.
"Dans un souci de clarification, le ministre du Travail peut-il nous préciser qui exprime la position du gouvernement, lui ou sa collègue des Affaires municipales?", a demandé le député adéquiste, lors de la période des questions.
Selon M. Whissell, sa collègue ne faisait référence qu'aux demandes de l'UMQ.
"Ma collègue la ministre des Affaires municipales a été très claire, a dit M. Whissell. Il y a des revendications présentement de l'UMQ à savoir comment on pourrait modifier, moderniser le Code du travail en regard au renouvellement des conventions collectives au Québec, et c'est exactement ce que ma collègue a voulu exprimer."
Jeudi dernier, lors de l'ouverture des assises annuelles de l'UMQ, M. Labeaume avait déploré le manque de moyens à sa disposition dans le cadre des négociations pour le renouvellement de 13 conventions collectives d'employés de la Ville de Québec.
Il avait ensuite expliqué que le rapport de force avec les syndiqués serait amélioré si les villes disposaient du moyen d'imposer des conditions de travail grâce à l'équivalent des lois spéciales utilisées par le gouvernement provincial dans les négociations avec les fonctionnaires.
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