OTTAWA - L'opposition presse le gouvernement de Stephen Harper de revenir sur une décision qui risque d'avoir pour effet de priver la ville de Québec d'un important congrès.
A cause des conditions imposées aux délégués de l'Union interparlementaire pour entrer au Canada, cet organisme serait tenté de tenir son congrès annuel ailleurs, privant du coup Québec des revenus découlant d'un congrès de 1500 personnes.
Cet événement réunit annuellement des parlementaires de 163 pays.
"Comment le gouvernement peut-il expliquer son manque de souplesse, sinon par une rigueur idéologique qui ne se justifie nullement dans les circonstances? Un peu de souplesse, s'il-vous-plaît! Permettez à Québec d'obtenir son congrès", a plaidé aux Communes le député du Bloc québécois Paul Crête.
Contrairement aux règles de l'Union interparlementaire qui veulent que tous les intéressés puissent participer sans entrave au congrès, Ottawa exige de pouvoir refuser l'accès au pays à certains parlementaires jugés indésirables. Cette condition irrite l'Iran, l'Algérie, la Corée du Nord, le Pérou, les Philippines, le Soudan, la Syrie et le Venezuela, qui ont fait repousser jusqu'à octobre prochain la décision finale sur le lieu du congrès de 2010.
Malgré la menace réelle de perdre l'événement important, le gouvernement semble peu enclin à vouloir modifier son approche.
"C'est impossible de garantir à l'avance l'émission de visas pour plus de 1500 participants en provenance de plus de 150 pays. Par contre, nous allons traiter toutes les demandes objectivement et adéquatement", a fait valoir en Chambre Ed Komarnicki, secrétaire parlementaire de la ministre de l'Immigration.
Au bureau de la ministre du Patrimoine et responsable de la région de Québec, Josée Verner, on a référé les questions au ministère de l'Immigration.
Selon le député libéral Denis Coderre, le gouvernement Harper aurait dû faire preuve de souplesse pour éviter que Québec échappe ce congrès important.
"Il y a de la flexibilité et il y a un pouvoir ministériel qui nous permet justement de jouer pleinement un rôle (...) si on veut s'assurer qu'on puisse attirer ce genre de congrès-là", a expliqué M. Coderre, lui-même un ancien ministre de l'Immigration.
"Il y a une certaine immunité parce que c'est des parlementaires. Tout ce qu'on avait à faire, c'est de signer des permis ministériels et de dire à nos fonctionnaires qu'on va faciliter la tâche pour eux", a-t-il ajouté.
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