MONTREAL - Sur l'enregistrement vidéo d'un interrogatoire présenté mardi au procès de Daniel Cormier, ce prétendu pasteur accusé de crimes à caractère sexuel, l'accusé parle avec une admiration évidente de la fillette qu'il est accusé d'avoir agressée sexuellement.
"Elle n'est pas une personne ordinaire. Elle est exceptionnelle", a-t-il affirmé.
Daniel Cormier avait été interrogé par le sergent-détective du Service de police de la Ville de Montréal Alain Lépine quelques instants après avoir été arrêté à l'été 2003.
Des extraits du vidéo de cet entretien de six heures avaient déjà été présentés en cour.
A l'époque, la présumée victime avait 14 ans. Mais entre l'âge de 8 et de 13 ans, elle passait tous ses week-ends au domicile de Daniel Cormier, avec la bénédiction de ses parents.
S'il nie catégoriquement tout contact sexuel inapproprié entre lui et l'enfant, il livre néanmoins une explication étonnante de sa relation avec celle qui est de 38 ans sa cadette.
"J'étais son meilleur ami, et elle était ma meilleure amie", a raconté Cormier, sanglotant par moment.
Selon lui, elle était d'une maturité exemplaire pour son âge. Il se voyait la côtoyer toute sa vie.
"L'influence que j'ai eu sur elle n'est que positive. Elle avait un potentiel qui s'est développé de façon extraordinaire au cours de notre relation", a-t-il ajouté.
Plusieurs fois pendant le témoignage, il a dit craindre de voir son procès devenir celui de ses convictions qui dérangent.
En début de journée mardi, pour une énième fois depuis le début de ce procès commencé le 10 octobre, Cormier, qui se représente seul, a présenté à la juge Sylvie Durand deux requêtes.
Entre autres, il demandait à la juge de décréter un arrêt des procédures contre lui. Il estime que les médias, qui critiquent trop intensément à son goût le fait qu'il dépose de nombreuses requêtes qui retardent le processus judiciaire, risquent d'influencer la juge lorsqu'elle devra rendre un verdict.
Il estime être si injustement critiqué qu'il en hésite même à déposer toutes les requêtes qu'il désire. Cet argument n'a pas trouvé preneur chez la juge.
Le Journal de Montréal - FQJPA201-csp
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