On pourrait au moins tenter de réduire les risques
La sanglante tragédie sur le campus de Virginia Tech, en Virginie, a secoué le monde entier. Tous les gens se demandent si cela ne pourrait pas arriver à leurs enfants, à leurs petits-enfants.
Je pense que de telles tragédies sont devenues inévitables, ici comme ailleurs. Pour s'en protéger, il faudrait une transformation complète de la société: des familles unies, des parents qui s'occupent de leurs enfants, des médias qui banalisent beaucoup moins la violence, l'injustice... Ce n'est sûrement pas demain que ça va arriver.
Mais peut-être que l'on peut réduire les risques que de tels drames arrivent. On pourrait commencer par accroître le niveau de sécurité, dans les édifices où un grand nombre d’enfants ou de jeunes adultes sont réunis. Les caméras, les détecteurs de métal sont des ressources facilement disponibles et qui ne coûtent pas une fortune. Ils ne sont pas totalement infaillibles, mais au moins, ils constituent une entrave de plus aux malades qui préparent de tels massacres.
On pourrait aussi mettre en place des ressources pour repérer plus facilement les personnes susceptibles de poser de tels gestes et leur apporter les soins requis. Les auteurs de ces tueries ont, la plupart du temps, connu une enfance malheureuse et été confrontés à la violence, sous diverses formes. Qu'est-ce que notre belle société québécoise fait pour les découvrir et les soigner avant qu'ils ne deviennent des tueurs? À peu près rien.
Il reste que la seule mesure qui pourrait être prise assez rapidement est un contrôle plus rigoureux de la circulation des armes à feu. Cela ne constituerait pas une protection mur-à-mur contre des folies comme celle de Virginia Tech, mais cela les rendrait sûrement moins facilement réalisables. Dans ce cas-ci, le tueur n'aurait pas pu se procurer ses armes, sans aucune difficulté et tout-à-fait légalement.
Je n'arrive pas à comprendre comment l'on peut attacher autant d'importance au droit de pouvoir posséder une arme à feu. J’écoutais, lundi soir, sur une station de radio montréalaise, les arguments d’un animateur qui s’opposait à de tels contrôles. C’était comme si on proposait de lui arracher un bras, de le priver du droit de se nourrir ou de s’abreuver… J’en étais abasourdi.
Pour s'objecter au contrôle sur les armes à feu, on invoque aussi les droits des chasseurs. On semble oublier que presque plus personne, au aujourd'hui, ne chasse pour nourrir sa famille. La chasse est devenue un loisir, un divertissement... Autrement dit, on éprouve du plaisir à « tuer », à enlever la vie à un être vivant. On rétorque que ce ne sont que des animaux... Mais pourquoi devraient-ils divertir les humains en se faisant tuer?
Je suis cependant bien obligé de reconnaître que le contrôle des armes à feu ne parviendrait pas à éliminer complètement leur circulation. D'ailleurs, les tueurs fous ne manquent pas de ressources ni d’ingéniosité. Ils pourraient tout aussi bien faire dérailler un train ou saboter un pont. Ils pourraient lancer un véhicule sur une foule de gens qui déambulent sur un trottoir…
En réalité, il n'existe pas de moyens totalement efficaces pour protéger la société contre de telles folies. Il reste que nos gouvernements peuvent poser, sans délai, certains gestes susceptibles de rendre la tâche plus difficile à ces déséquilibrés. Et si on commençait par leur retirer un accès facile aux armes à feu, ce serait déjà un bon pas de franchi.