Une fin de campagne excitante
Si à Montréal, les jeux sont faits dans la plupart des comtés, dont ceux de Saint-Henri-Ste-Anne, Verdun et Marguerite-Bourgeoys, - où les Libéraux devraient l’emporter par des majorités confortables -, la lutte beaucoup plus serrée à l’échelle nationale rend la campagne électorale 2007 passionnante. Actuellement, selon les plus récents sondages, les libéraux jouissent d’une mince avance, mais tous les scénarios sont encore envisageables : gouvernement libéral majoritaire ou minoritaire, gouvernement péquiste ou adéquiste minoritaire. À Montréal, le vote est divisé entre libéraux et péquistes, mais à l’extérieur de la métropole, l’ADQ est en avance. Comme il y a plus de comtés en région qu’à Montréal, l’ADQ pourrait-elle causer une surprise ? Dans mon entourage, que ce soit mes amis, les membres de ma famille ou des collègues de travail, il y a des gens de tous les horizons politiques. Des fédéralistes, des souverainistes, certains préfèrent un état fort, avec un système de santé universel et des programmes sociaux généreux, d’autres croient qu’on devrait laisser plus de choix à l’individu. Pour certains de mes proches, la réduction de la dette est une priorité, pour d’autres, c’est l’environnement, la santé ou la diminution de la pauvreté. Parmi eux, on retrouve des ingénieurs, des comptables, un enseignant, des techniciens en informatique, des artistes qui peinent à joindre les deux bouts, un employé dans le domaine de la construction, un autre qui installe des thermopompes, des étudiants, des journalistes et j’en passe. Des gens de tous les âges, habitant Montréal, la Rive-Sud, Laval, Sherbrooke, Sorel… Dans tous les cas, je perçois un profond désir de changement et un raz-le-bol envers le PQ et les Libéraux. Plusieurs songent à voter autrement qu’en 2003. Des Péquistes de longue date penchent vers l’ADQ, les Verts ou Québec Solidaire, des anciens Libéraux hésitent entre l’ADQ ou les Verts. En tout cas, c’est ce qu’ils me disent. Oseront-ils le faire une fois rendus dans l’isoloir ? Voilà une autre histoire. La force de l’ADQ, dans les récents sondages, provient en grande partie du mécontentement des électeurs et de ce désir de changement. Cependant, si l’ADQ a une grande faiblesse, c’est au niveau de son organisation. Elle manque de moyens et de bénévoles. On le voit clairement dans le Sud-Ouest de Montréal, à Verdun ou à LaSalle, où il n’y a pas encore de pancartes électorales dans les rues. Autre constat inquiétant, les candidats n’ont même pas pris la peine de communiquer avec le journal local pour se faire connaître auprès des électeurs. À moins de dix jours du vote, les gens ne connaissent même pas le nom de leur candidat adéquiste. Mon impression est que le soir du 26 mars, l’ADQ va obtenir un score plus faible que dans les sondages. Plusieurs électeurs vont choisir de retourner à leurs anciennes amours au moment décisif. L’ADQ aura également de la difficulté à faire sortir son vote, puisque dans bien des circonscriptions, les organisations sont totalement déficientes et les listes de pointage, inexistantes. Chose certaine, on peut s’attendre à une fin de campagne intense, car la lutte n’a jamais été aussi corsée.