Incroyable mais vrai…
Jeudi dernier, c'était la journée internationale de la femme. Une petite journée et c'est terminé. Terminé? Non! Profitons de cette occasion annuelle pour faire un arrêt sur l'image. Miroir, miroir, dis-moi, est-ce qu’au moins ça s'améliore pour les femmes au pays?
Si l'on peut se réjouir de certaines des avancées de la condition féminine, principalement l'augmentation des inscriptions aux études supérieures, le constat est généralement très décevant, malgré le déni des femmes de ma génération, les 18-35 ans, qui ont relégué aux fonds de leur tiroirs de lingerie fine le féminisme, de peur d'être taxées de frustrées, voire de «mal baisées».
Et pourtant...
Peu représentées en politique ainsi qu'au sein des directions des hautes entreprises, les femmes sont largement absentes des centres décisionnels de notre société.
Pire, non seulement elles sont pratiquement absentes des cercles de décideurs, mais elles se trouvent plus souvent que leurs congénères masculins en situation de précarité financière.
Nombreuses sont les familles monoparentales québécoises avec une femme à la tête du foyer, qui tire le diable par la queue pour subvenir aux besoins de la famille.
Le fait est que les iniquités sociales sont nombreuses, lorsque l'on scrute les données à la loupe.
Comment se fait-il que les femmes occupent deux tiers des emplois à temps partiel, encore aujourd'hui? Comment se fait-il que les femmes occupent en grand nombre des emplois rémunérés au salaire minimum?
Il n'y a rien de plus frustrant que de voir ces femmes, et aussi ces hommes, travailler à temps plein, parfois beaucoup plus que les 40 heures normatives, et pourquoi? Pour se retrouver avec un revenu au dessous du seuil de la pauvreté!
Si les femmes ne sont pas les seules à devoir affronter la précarité financière, il est de notre devoir d'admettre qu'elles y font face en trop grand nombre, tout en étant plus souvent qu'autrement, le seul et unique chef de famille.
La pauvreté de ces femmes affecte bien évidemment les enfants, leur nutrition, leur éducation, leur environnement, leur stabilité affective.
Interrogeons-nous comme société: pourquoi encore aujourd'hui, les femmes devraient occuper des postes à temps partiel afin de prendre soin des enfants, davantage que leur conjoint, lorsqu'il y en a un, alors que cela les met en position de dépendance et/ou de précarité financière?
N'est-il pas hypocrite de maintenir le salaire minimum à un taux si bas, qu'il faille travailler des dizaines et des dizaines d'heures par semaine, pour un revenu en dessous de la décence même?
Jetez un coup d'œil par vous-même, même le gouvernement canadien reconnaît l'écart des gains salariaux entre les hommes et les femmes au pays: www.statcan.ca