Le commandant du poste # 15, Pierre Savard.
La prévention du crime chez les jeunes, une priorité
En réaction à la préoccupation croissante des gangs de rues à Montréal, le gouvernement fédéral a annoncé la semaine dernière un investissement de dix millions pour financer au Québec des projets de prévention du crime chez les jeunes. Le phénomène des gangs dans le Sud-Ouest n’alarme pas le commandant du poste de quartier 15, Pierre Savard, mais il prévoit certainement bénéficier de cet investissement pour bonifier les programmes de prévention en place ou en créer d’autres.
Le commandant Savard se réjouit de la nouvelle du gouvernement fédéral, comme le reste des membres du Service de police de Montréal, mais il ne sait trop à quoi s’attendre. «On vient d’apprendre la nouvelle, alors on ne sait pas exactement de quelle façon on va en profiter», dit-il.
Le PDQ 15 a déjà plusieurs programmes de prévention bien implantés dans le Sud-Ouest. «On ne sait pas encore si on devra soumettre de nouveaux projets ou si on pourra améliorer ceux qui sont en place», explique le commandant. Mais peu importe, il compte s’allier avec les partenaires du poste, dont plusieurs organismes communautaires, pour bénéficier du mieux possible des sommes et répondre aux besoins spécifiques de la jeune population du secteur.
En annonçant la nouvelle, le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a précisé que le but d’appuyer des projets visant à s’attaquer à la criminalité juvénile est de venir en aide aux jeunes à risque et assurer la sécurité dans les rues et les écoles de la province.
Les écoles primaires et secondaires sont bien sûr des partenaires clés du PQD 15. Les représentants du poste rendent visite aux élèves des écoles Honoré-Mercier et Saint-Henri de façon régulière. Ils concentrent aussi leurs efforts auprès des plus petits, dans les écoles primaires.
Intervenir le plus tôt possible
L’agent socio-communautaire Jean-Guy Gagnon effectue actuellement une tournée dans les écoles primaires de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri. Il rencontre les classes de la première à la sixième année et leur fait passer «l’examen du commandant», un petit test adapté à l’âge du groupe qui permet d’aborder des questions comme celles du taxage, de la violence, de la sécurité sur Internet et des gangs de rue.
De retour d’une rencontre à l’école de la Petite-Bourgogne, Jean-Guy Gagnon raconte que les enfants sont très attentifs et posent beaucoup de questions pendant les séances de prévention.
Pour le commandant Savard, établir un contact avec les enfants est primordial. «À 18 ou 20 ans, il est trop tard», croit-il.
Diminution de la criminalité
Depuis les dernières années, le commandant Savard note une baisse des crimes de violence perpétrés par des jeunes dans le Sud-Ouest. Le phénomène des gangs de rue ne l’inquiète pas. Selon lui, on parle de «petite criminalité» chez les jeunes du territoire.
Le problème serait surtout l’émergence de très jeunes criminels. «Les groupes majeurs cherchent à attirer des membres de plus en plus jeunes, ceux qui sont le plus facilement influençables», explique-t-il. C’est pourquoi il est essentiel de parler aux petits des écoles primaires, rappelle-t-il. Et d’être présent dans les stations de métro. Le tout pour faire comprendre l’importance de résister aux tentations qui sont offertes.
Le programme de football «Viens jouer avec ma gang», qui cible des enfants de Pointe-Saint-Charles, est une initiative du PDQ 15 qui rend ses policiers bien fiers. «Le temps que passent les enfants sur le terrain est du temps positif», soutient Pierre Savard. Les sportifs ont même la chance d’avoir pour entraîneurs des joueurs de l’équipe des Redman de McGill.