Annie Maisonneuve et Margot Bussière encouragent les enfants à développer leur sens artistique. La Voix Populaire les a rencontrées chez Annie dont la demeure est décorée de ses toiles.
Trouver l’artiste en soi
Rencontre avec deux artistes de Côte-Saint-Paul
Annie Maisonneuve et Margot Bussière se sont rencontrées dans la cour de l’école Marie-de-l’Incarnation, fréquentée par leurs enfants. Elles ont «cliqué» sur le champ. Toutes deux passionnées d’arts visuels, elles croient que le programme d’enseignement primaire ne donne pas la chance aux petits de découvrir leur talent, souvent insoupçonné. Grâce à elles, les enfants de Marie-de-l’Incarnation sont choyés. Ils se transforment en créateurs.
Annie et Margot s’encouragent à peindre depuis leur rencontre en 2000. Elles sont membres du même groupe artistique du Sud-Ouest, Festiv’Art, et participent ensemble à des symposiums. Hier, elles étaient à la galerie Canvas, à Lachine, qui accueillait une trentaine d’artistes pour un encan et une exposition.
Rencontrées dans la chaleureuse maison d’Annie, les deux femmes ont une chimie hors du commun. Pétillantes et engagées, elles dressent un portrait flatteur de leur quartier et de leur communauté.
«À Côte-Saint-Paul, tout le monde se connaît. Il y a beaucoup d’entraide. On est comme une grosse famille», souligne Margot. «Je pensais déménager il y a quelques années et mes enfants m’ont dit: maman, on ne peut pas déménager, le Québec, c’est Côte-Saint-Paul», raconte-t-elle.
Jouer un rôle dans sa communauté
Margot a pris la place d’Annie au sein du conseil d’établissement de l’école Marie-de-l’Incarnation lorsque celle-ci a dû quitter en raison d’un horaire trop chargé. En prenant la relève, Margot a réalisé une série de projets artistiques originaux qui emballent les enfants.
«Il y a beaucoup de jeunes qui vivent des difficultés. La création artistique les aide à canaliser leur énergie de façon positive», croit Margot.
L’an passé, les élèves ont créé une géante chenille, sous la forme d’une structure en bois et en métal, qui abritait les œuvres des 160 enfants de l’école. Par la suite, ils ont fait des exercices de graffiti dans les langues parlées par les divers groupes ethniques de l’école.
Réunir les enfants dans un projet d’art urbain est l’un des objectifs de Margot pour chacune de ses missions. Elle veut transmettre le message que s’exprimer librement est important, mais que cela doit être fait dans le respect de l’autre.
La géante murale, peinte sur un mur adjacent à la cour d’école, dont la photo est parue dans l’édition de La Voix populaire du 29 octobre, est une initiative de Margot. Ce mur appartient par ailleurs à la maison où elle habite. Elle voulait donner de la couleur à Marie-de-l’Incarnation, faire revivre l’établissement qui avait été menacé de fermer l’an passé et donner un exemple aux enfants d’un graffiti en toute légalité.
Le projet artistique cette année est la fabrication de 160 oiseaux qui seront suspendus au plafond du gymnase.
Annie et Margot s’émerveillent devant le talent des petits et leur force en collectivité.
«Les défauts disparaissent dans le groupe parce que la beauté du groupe est supérieure aux petites erreurs individuelles», partage Margot.