Aline Charbonneau Lamothe a écrit l’histoire de sa mère pour lui rendre hommage et faire connaître à ses proches l’importance du rôle qu’elle a joué à une époque où les femmes étaient confinées dans leur cuisine. (Photo: Martin Chamberland)
Hommage à une femme qui a défié les traditions de son époque
Aline Charbonneau Lamothe lance le roman La Plombière
Attachée à Ville-Émard et Côte Saint-Paul où elle a grandi, Aline Charbonneau Lamothe fait revivre dans son premier roman, La plombière, la vie de quartier qui l’a marquée. L’auteure rend honneur à sa mère qui a participé à cette vie en tenant une maison-boutique rue Hadley et en la conservant envers et contre tous après la mort de son mari.
Lancé à la bibliothèque Marie-Uguay au début du mois d’octobre, le livre d’Aline Charbonneau Lamothe rassemble une foule de souvenirs de l’auteure. «Ma mère était parleuse», souligne Mme Charbonneau Lamothe qui l’a souvent écoutée raconter les histoires de son passé.
La vie de Robertine Charbonneau est assez exceptionnelle. Elle a tenu avec son mari un magasin de pièces de plomberie à une époque où les femmes étaient enfermées dans leur cuisine, soumises à la solidarité masculine et à l’Église, et maintenues au bas de l’échelle sociale. Au décès de son époux, son entourage souhaitait qu’elle cède la maison-boutique, mais elle a poursuivi l’œuvre pour laquelle le couple avait forgé si fort.
Veuve, avec onze enfants, tout juste après la Seconde guerre, elle s’est retroussée les manches et est devenue la première plombière de Montréal. «Elle voulait laisser un héritage à ses enfants et démontrer ce qu’elle était capable de faire», explique l’auteure.
En tenant à elle seule les rênes de l’entreprise et en la faisant grandir, elle a prouvé à bien des hommes et des femmes que la gente féminine était capable de défier les traditions et de réussir en affaires.
Sa fille Aline souligne que l’entreprise familiale, qui porte aujourd’hui le nom de Groupe Charbonneau, existe depuis trois générations et est demeurée entre les mains de la famille. «C’est plutôt rare de voir ça», dit-elle.
La scène se dresse à Ville-Émard et Côte Saint-Paul
Aline Charbonneau Lamothe est particulièrement fière d’avoir écrit un roman qui raconte le passé des quartiers qui ont marqué son enfance et son adolescence. Plusieurs auteurs montréalais ont fait vivre des personnages dans le Plateau ou l’Est de la ville, mais rarement dans le Sud-Ouest, croit-elle.
«Le roman a encore plus de résonnance pour les gens du quartier parce qu’ils reconnaîtront les rues et les endroits qu’ils fréquentent», ajoute l’auteure.
Ce sont ses frères, puis leurs fils, qui ont pris la relève de l’entreprise et l’auteure habite désormais Brossard. La fille de la plombière a tenu à raconter dans ses mots l’aventure de sa famille pour que ses enfants se souviennent de la détermination de leur grand-mère et de l’héritage qu’elle leur a laissé.