Climat L'Alberta devrait-elle alléger son fardeau aux dépens du Québec?
Oui, répond un des importants investisseurs dans les sables bitumineux de l’Alberta.
Imaginez : en 2006, le québécois moyen émettait 11,1 tonnes de CO2 par année; un albertain plus de 69 tonnes. Presque sept fois plus! Au Québec, dans la période 1990-2006, les émissions du Québec ont augmenté d’un petit 1,6%. Pour la même période, les émissions de l’Alberta ont augmenté d’un gros 36%. Et là, on demanderait aux québécois de se serrer la ceinture davantage pour que les pétrolières albertaines et saskatchewannaises puissent polluer davantage!
Non pas que le Québec ne veuille pas faire davantage et mieux; ses émissions ont baissé en 2004, 2005 et 2006. Et il est bien enligné pour atteindre l’objectif de Kyoto qui est de -6% pour l’année 2012 par rapport au niveau de 1990.
Ce n’est pas non plus que l’albertain est méchant; c’est plutôt que son gouvernement a pris la décision d’exploiter le pétrole le plus sale au monde, celui des sables bitumineux. Produire un baril de ce pétrole sale exige beaucoup d’énergie et provoque l’émission de trois fois plus de gaz à effet de serre que dans le cas d’un baril de pétrole conventionnel. Ces décisions ont fait que les émissions de l'Alberta représentent près du tiers de toutes les émissions au Canada.
Le gouvernement fédéral de Stephen Harper octroie à ce massacre écologique des subventions de l’ordre de plus d’un milliard de dollars par année. De plus, il souhaite permettre aux pétrolières de l’ouest d’augmenter leur production de pétrole sale.
Des rumeurs de plus en plus nombreuses indiquent en effet que le gouvernement fédéral envisagerait un régime à deux vitesses en ce qui concerne la lutte aux changements climatiques. Les provinces productrices de pétrole extrait des sables bitumineux profiteraient d’un régime laxiste alors que les autres seraient soumises à des restrictions beaucoup plus sévères; ce serait le cas du Québec qui pourtant a consenti les plus grands efforts et obtenu les meilleurs résultats à date.
Le Premier ministre Charest a déjà signifié qu’une telle direction est inacceptable mais il devra travailler fort pour protéger les acquis du Québec.
Steven Guilbeault
Thomas Bergbusch
Commentaire mis en ligne le 26 octobre 2009Puisque nous avons cinq ans, à peu près, pour réfuire nos émissions de gaz à effet de serre, et puisque la surproduction de de tels gaz affecte le Québec autant qu' Alberta ou Saskatchewan, et puisque tout le pays, à part l'Ontario bénéficie largement des transferts financiers de l'Alberta (à travers la péréquation) depuis 45 ans, la réponse à cette question est très simple: que tout les Canadiens, de quoi quelque province, assument conjointement les coûts pour effectuer les changements nécessaires dans les méthodes d'exploitation de sable bitumineux Saska-Albertains pour réduire la pollution. Il nous faut des investissement publiques massifs et immédiats de l'état Canadien, pour réduire la pollution à la source -- c'est seulement une fois que ces investissements seront faits que des mesures tels des taxes sur la carbonne ou le fameux "cap and trade" et d'autres "incitatives" pourront être efficaces.