Harper a joué sur les mots
Stephen Harper nous en a raconté une bonne cette semaine.
Harper a dit à Cambridge, Ontario, jeudi midi que 80% du financement de son plan de relance économique est déjà « engagé. »
A prime abord, ça semblait dire beaucoup. En réalité. ça ne disait pas grand chose.
Ça prend « du culot » pour jouer sur les mots comme ça a dit le député NPD Thomas Mulcair.
C'est plutôt un linguiste qu'il nous faut.
Avec Harper on doit toujours surveiller son choix de mots. « Engagé » ne veut pas dire « dépensé » ni « déboursé. » Encore moins « utilisé. »
Ça ne veut surtout pas dire que le chèque est à la poste pour les municipalités qui l’attendent pour mettre la pelle dans la terre.
Le « engagé » de Harper veut simplement dire que l'argent a été mis de côté dans le budget de janvier pour un projet qui sera éventuellement en marche, possiblement après une entente avec la municipalité ou la province.
Pour certains projets à frais partagés, Harper et ses ministres exigent que la province et la municipalité mettent une part égale à celle du fédéral. C'est bien normal d’exiger cela mais la triste réalité c’est que souvent les municipalités n'ont simplement pas l'argent à ce moment. Donc bien que Harper dise que l'argent est « engagé » il y une bonne chance que plusieurs projets de relance ne verront jamais une verge carrée de ciment.
La colère gronde dans les municipalités. Les maires de Montréal, Toronto et Vancouver se sont réunis à Whistler dernièrement. Ils ont affirmé de façon solennelle qu'ils n'aient pas vu une seule cenne noir de relance jusqu'à présent.
Ça se comprend. La plupart des projets de relance économique des Conservateurs sont destinés à des circonscriptions détenues par des députés conservateurs. Et les Conservateurs ne détiennent aucun sièges dans les trois plus grandes villes du Canada. Donc bon soir, Montréal, Toronto et Vancouver.
Cependant, les maires des trois villes ont remarqué des grosses pancartes bleues sur le bord des routes annonçant les futurs sites de projets du Fédéral.
En somme c’est plutôt 5%, et non pas 80% du financement qui à été dépensé à date – 61,2 milliards $ pour nous donner un déficit de 50,2 milliards $ cette année.
Mais y a-t-il quelpart au Canada où il y a un projet en chantier? Oui, il y en deux, pour une somme de 1,2 milliards dans deux villes de la Saskatchewan qui ont élus des députés conservateurs.
Le député du Bloc Pierre Paquette a traité l'énoncé économique de Harper de " propagande et de manipulation."
Harper a même remplacer la phrase "mise en oeuvre" par la phrase "en voie de mise en oeuvre" sur ses pancartes.
Plutôt que de faire sa présentation à la Chambre des communes où l'Opposition l'aurait critiqué, Harper a choisi de faire son énoncé à Cambridge, et a monté un spectacle télévisé devant un auditoire d'invités du Parti Conservateur, une émission animée par le sénateur Conservateur, Mike Duffy, un ancien animateur du réseau CTV.
Les participants posaient des questions préparées d’avance, auquelles Harper n'avait aucune difficulté à répondre. Du vrai show-biz à la Harper.
Comme on dit: C'était arrangé avec le gars des vues.
Le format a aussi permis à Harper d'éviter les gros méchants journalistes de la Tribune de la presse à Ottawa, qui auraient vite vu à travers les sommes soi-disant « engagées » de Harper ainsi que les critiques acerbes de ses adversaires en Chambre.
Très habile de sa part. Possiblement trop habile.
Bonjour Monsieur Cléroux,
Vous voulez dire que tous les autres politiciens ce n'est pas arrangé avec le gars des vues!!!! Hey hey hey
Vous critiquez beaucoup que plusieurs chantiers n'ont pas encore l'argent, eh bien, que pour commenter un projet ou l'argent a été déposé et n'avons pas encore vu la 30 terminée!!!
Je vous ai dis un seul, fouillé et vous en trouverez bien d'autres.
Je vous donne une autre chance, que dire l'argent que Monsieur Harper a donné à Jean Charest pour la santé!!! Et oui, Charest l'a pris pour autre choses. Comme il arrive souvent, je ne vous énumère que ces 2 exemples car il faut bien que je vous laisse un peu travaillé.
Bye bye