Karlheinz Schreiber et Brian Mulroney
Mulroney : l’homme qui parle trop
Pauvre Brian. Ils sont toujours après lui. Ça ne finit jamais.
Il y a presque 20 ans maintenant, que la GRC avait entrepris une enquête dans une affaire de pots de vin et d’avions Airbus vendus à Air Canada. L’enquête n’avait abouti à rien.
Mulroney n’a jamais été accusé de quoi que ce soit devant les tribunaux. Même la GRC a fini par admettre qu’elle n’avait pas la moindre preuve contre lui.
Lorsque l’ancien ministre de la Justice, le Libéral Allan Rock, a écrit des faussetés sur Mulroney dans une lettre au gouvernement allemand, il a dû payer deux millions de dollars en compensation à l’ancien premier ministre.
En dépit de ça, l’affaire Airbus n’est pas close. C’est rendu du folklore. Mulroney en est toujours la cible. Pauvre Brian.
Le dernier coup : une commission d’enquête en règle présidée par le juge qui examinera des transactions financières entre Brian Mulroney et son ancien ami, le vendeur d’armes germano-canadien Karlheinz Schreiber. C’est une affaire de chars blindés qui remonte à 1993 et 1994 que le Juge Jeff Oliphant examinera. Ça risque finir de nouveau dans l’affaire Airbus.
Mulroney est en grande partie, l’architecte de son propre malheur car c’est à sa demande – pour démontrer une fois de plus qu’il est hors de tout doute plus blanc que blanc – que Harper a créé la commission.
Le besoin chez lui de sauvegarder sa réputation est trop fort. S’il était resté tranquille, s’il s'était fermé la gueule, il n’y aurait pas d’enquête Mulroney-Schreiber aujourd’hui. Pourquoi courir le risque de se faire magané une fois de plus !
Mulroney ne peut pas résister au besoin de se raconter, de se justifier, de s’expliquer. C’est pourquoi devant un comité parlementaire intéressé à fouiller l’affaire Mulroney-Schreiber en 2007, il a déclaré avoir accepté des centaines de milliers de dollars comptant de Schreiber en 1993 et 1994 lors de rencontres entre les deux hommes dans des hôtels de Montréal et New York.
Une partie du « cash » est allée dans le coffret de sécurité d’une banque à New York et le restant dans un coffret dans son sous-sol à Montréal. Il a payé ses impôts sur la somme que six ans plus tard.
Ces milliers de dollars, a avoué Mulroney sous serment, servaient à faire la promotion de chars blindés allemands à être fabriqués au Canada par la compagnie Thyssen Industrie.
Mulroney a expliqué qu’il a visité les chefs d’états de la France, la Russie et la Chine communiste pour promouvoir les ventes.
Malheureusement, le projet Thyssen n’a jamais vu le jour. L’usine n’a jamais été construite, les chars n’ont jamais été construits ni vendus, et les chefs d’états qui pouvaient corroborer son témoignage sont tous morts aujourd’hui.
Schreiber est dans un pire pétrin. Il fait face à des accusations de fraude, corruption et évasion fiscale en Allemagne, dans une autre affaire. Il dit avoir peur de mourir en prison en Allemagne. Donc c’est dans son intérêt de rester au Canada aussi longtemps que possible et de faire durer sa comparution devant la commission.
Schreiber affirme que puisque Mulroney n’a jamais réussi à vendre un seul char blindé il veut ravoir son argent. Mulroney refuse.
La Commission Oliphant tiendra ses audiences publiques à partir du 31 mars dans l’ancien Hôtel de Ville d’Ottawa, sur la promenade Sussex. Par hasard, c’est là ou le Juge John Gomery a tenu ses audiences publiques dans la capitale. On sait ce que Gomery nous a donné.
Ça promet d’être chaud.