Stéphane Dion
Stéphane Dion : le chef ‘velcro’
Pauvre Stéphane. Si intelligent. Si peu de flair politique. Qu’est-ce qu’il attend pour partir?
Pas un seul membre de son caucus ne veut l’avoir comme chef et il insiste pour demeurer en poste jusqu’à ce qu’un successeur soit choisi au congrès de mai prochain.
Paul Martin non plus, ne savait pas faire des élections, mais au moins il savait partir – il l’a fait avec grâce le soir même des élections en janvier 2006. Bonsoir la visite, je retourne dans les Cantons de l’est.
Dion a pris sa décision avant même d’en discuter avec son caucus. Il savait sachant très bien qu’on lui dise : « Bye-bye Charlie Brown. »
Stéphane Dion affirme qu’il veut rester pour deux raisons : Premièrement, il veut rester leader pour requinquer l’organisation du parti avant l’arrivée du nouveau chef. Mais il a eu deux ans pour le faire. On a vu ce que cela a donné.
Deuxième prétexte : Il veut renflouer la caisse du parti. Quoi? Si Dion avait le moindre talent comme ‘collecteur’, il y a longtemps qu’il aurait acquitté les 200 000 $ qu’il doit encore pour ses dépenses du dernier congrès au leadership.
Stéphane Dion s’accroche pour une autre raison. C’est la vraie raison. Il a peur que s’il s’en aille, son successeur, même par intérim, jettera son cher Tournant Vert à la poubelle la plus proche.
Sans sa présence continue à la tête du parti, il y a de bonnes chances qu’on n’entende plus jamais parler de son Tournant Vert.
Deux jours après les élections le Tournant Vert avait presque disparu du site-web du Parti Libéral.
C’est comme ça en politique. Les bonnes idées des perdants ne font pas longue vie. Où est l’accord du Lac Meech aujourd’hui? Pourtant, ce n’était pas une mauvaise idée. Et quant à y être où est son patron Lucien Bouchard?
Encore, c’est pour ça qu’on n'entend jamais les Conservateurs parler du «droit de rappel » de Preston Manning, ou du « Sénat équilibré » de Stockwell Day.
Il faut savoir faire la différence entre le passé et l’avenir. C’est pour ça que les Conservateurs sont au pouvoir et Dion ne l’est pas.
On dit que Harper a une tête de cochon. Ce n’est rien comparé à Dion. Au moins Harper fait semblant de consulter son caucus.
Chez les Libéraux ça sent le putsch, en privé ou en public, pour dégommer le chef velcro. Les paris sont ouverts sur la date ou l’heure.
Les deux candidats à la succession les plus forts, Bob Rae et Michael Ignatieff, ont intérêt à tenir un congrès le plus tôt possible, avant que les autres s’organisent, surtout le jeune Justin Trudeau qui pourrait passer entre les deux.
Ces deux vieux renards pousseront pour que Dion débarque assez vite et qu’un congrès ait lieu aussitôt que possible, avant les fêtes, avec un vote par téléphone si possible pour minimiser les coûts, et surtout avant le budget de Harper en février.
Et Dion? Rien ne l’empêche de siéger comme député et de continuer à fouetter son « pony » nommé Tournant Vert, aussi longtemps que la pauvre bête peut courir.
Et tranquillement Stéphane Dion passera à l’histoire – le prof qui avait de bonnes idées mais qui ne savait pas faire de la politique.
«Good policy. Bad politics.»
Pierre-Luc Bellerose
Commentaire mis en ligne le 23 octobre 2008De plus, M. Dion n'est même pas capable de reconnaître sa large part dans la défaite des libéraux. Il a dit qu'il avait "sûrement une part de responsabilité", mais que c'était "la faute des conservateurs" et de leurs publicités mensongères. Il a aussi parlé de sa vulnérabilité comme chef et que les électeurs n'avaient pas compris son plan vert. Peut-on être plus déconnecté de la réalité ? Selon son point de vue, il n'y a que 26,2% des électeurs qui ont compris, les autres seraient des idiots. Qu'il laisse donc sa place. Même le sénateur Fox, un supporteur de Dion, admet qu'il n'a plus l'autorité de demeurer chef du PLC.