Le gouvernement du Québec a décidé de raser l'échangeur Turcot et de le reconstruire au sol. Un projet évalué à 1,5 milliard de dollars.
Échangeur Turcot : le RESO demande à la ministre Julie Boulet de revoir le mandat du projet
Réunis le 16 septembre, les administrateurs du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) ont résolu à l’unanimité de demander à la ministre des Transports du Québec (MTQ), Julie Boulet, de revoir le mandat de son ministère concernant le projet de réaménagement de l’échangeur Turcot.
Le gouvernement du Québec, comme on sait, a décidé de raser complètement l'échangeur, ouvert en 1967, et de le reconstruire au sol.
Il s’agit d’un chantier de 1,5 milliard de dollars. Les travaux seraient réalisés entre 2009 et 2015.
Le RESO souhaite que le projet «tienne compte de l’ensemble des interventions prévues sur les infrastructures de transport du Sud-Ouest de Montréal à court, moyen et long termes».
L’organisme constate en effet qu’il «ne comprend aucune vision d’ensemble» et ce, malgré le fait que plusieurs travaux sur les infrastructures de transport soient prévus ou annoncés à proximité de l’échangeur : reconstruction du pont Champlain, création d’une navette ferroviaire entre l’aéroport et le centre-ville, réaménagement de l’autoroute Bonaventure. «Nous avons l’impression qu’il n’y a pas de vision coordonnée. C’est la première préoccupation exprimée par les administrateurs du RESO», souligne son directeur général, Pierre Morrissette.
«On souhaite rencontrer la ministre des Transports afin de la mettre au courant des impacts que ce projet soulève», indique par ailleurs M. Morrissette.
«Le scénario proposé comporte des aspects hautement préoccupants pour la communauté locale concernant la qualité de l’air, la nuisance associée au bruit et à l’aménagement urbain», juge le RESO.
«Dans ce secteur, on trouve des écoles, un centre sportif, des résidences et des entreprises en activité, rappelle l’organisme. On ne peut pas entreprendre un réaménagement de cette envergure sans analyser en profondeur les impacts causés.»
Le tracé envisagé entraînera notamment la démolition de 170 unités d’habitation.
Et le transport collectif ?
Pierre Morrissette se dit «déçu que le mandat du MTQ n’aille pas plus loin que maintenir l’achalandage actuel du complexe Turcot estimé à 285 000 véhicules par jour». «Le mandat ne peut pas être juste ça», estime-t-il. Quelle place fait-on au transport collectif ? «Le projet ne tient pas compte du Plan de transport de la Ville de Montréal qui met l’accent sur les transports collectifs et actifs», déplore le RESO, qui invite la Ville de Montréal et l’arrondissement du Sud-Ouest à intervenir auprès du gouvernement pour que le projet respecte les objectifs de ce plan. «Peut-on avoir un projet qui répond aux exigences du 21e siècle?», questionne Pierre Morrrissette.
Le RESO appuie donc la demande de Mobilisation Turcot, qui presse le MTQ de revoir son projet. Le regroupement de citoyens et d’organismes a exprimé plusieurs inquiétudes : enjeux de santé, de sécurité, préoccupations en matière d’habitation. La coalition a initié en mai dernier une pétition signée jusqu’à maintenant par plus de 4000 personnes.
Comité de travail
Le RESO entend mettre sur pied un comité de travail qui analysera les impacts du projet. Ce comité élaborera un mémoire qui sera déposé au Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE.) Les audiences du BAPE pourraient avoir lieu au début de 2009. Le gouvernement complète présentement les études d’impacts.
Nicole Mousseau
Commentaire mis en ligne le 8 octobre 2008À lire!