Hélène Dansereau du CSRG, Gérard Beaudet directeur de l’institut d'urbanisme de la faculté d'aménagement de l’Université de Montréal et Christopher Gobeil, président du CSRG.
Griffintown : prendre le temps de réfléchir
«Il n'est pas trop tard pour réévaluer le PPU » - Phylis Lambert
Deux poids lourds en matière d'aménagement urbain, la mondialement connue architecte Phylis Lambert et le directeur de l’institut d'urbanisme de la faculté d'aménagement de l’Université de Montréal, Gérard Baudet, ont réclamé la suspension du processus d'adoption du programme particulier d'urbanisme (PPU) pour le Projet Griffintown à un jour de la réunion du comité exécutif et une semaine avant le conseil de ville de Montréal.
Questionnée sur les possibles impacts de cette démarche alors que le rapport des consultations (ayant attirées 1200 personnes), sera déposé ces prochains jours, Mme Lambert a assuré qu’il n'est pas trop tard pour réévaluer le PPU: «Rappelez-vous tout ce qu’on a fait pour Montréal: la protection de Milton Park, la protection du Mont Royal, la création d’Héritage Montréal, pour chacun de ces projets, ils nous ont trouvés sur leur chemin», rappelle-t-elle.
M. Baudet a pour sa part expliqué que le projet Griffintown demeurerait nébuleux et que plus ses détails seraient mis sur la place publique, plus les citoyens seraient en mesure de juger s’il tient la route: «Cela obligerait les élus à se justifier et ils auraient des comptes à rendre. Prenez le Suroît, tous les élus appuyaient le projet, mais lorsqu’il est devenu évident qu’il était injustifiable, ils ont été forcés de l’abandonner. On a l’impression, pour ce projet [Griffintown], d’une décision d’officine prise depuis longtemps et cela crée un dangereux précédent», estime-t-il.
De son côté, Mme Lambert affirme ne pas être contre le projet, mais insiste sur le fait que c'est à la ville de réguler les promoteurs et pas l'inverse, dénonçant l’élaboration d’un PPU calqué sur les besoins du promoteur plutôt que sur ceux des citoyens.
Processus hâtif questionné
Réunis à la Fonderie Darling en matinée du 15 avril à l’invitation du Comité pour le sain redéveloppement de Griffintown (CSRG), les deux experts ont mis en cause l’attribution de la consultation publique sur le PPU à l'arrondissement Sud-Ouest plutôt qu’à l'Office de consultation publique de Montréal: «Le maire Gérald Tremblay a admis sur les ondes de CIBL qu’à l'avenir les PPU devraient être régi par l’Office», rappelle Gérard Baudet.
Pour ce dernier, il est clair que l’office a un mandat d'aller au fond des dossiers, plutôt que de simplement recevoir des mémoires, comme l’a effectué l’arrondissement Sud-Ouest lors des consultations: «L’office peut même assigner des experts pour établir des contre-expertises et prendre les élus à partie», illustre-t-il.
Également sur place, André Bourassa, président de l'Ordre des architectes du Québec, a tenu à remettre en contexte la conférence de presse: «Nous ne voulons pas être taxés d’immobilisme, nous croyons seulement important que les choses se fassent bien et c'est dans l'intérêt du promoteur que la consultation soit bien menée.