Les Chevaliers de l’Apocalypse
Au risque de froisser certains esprits bien pensants qui hantent nos belles soirées québécoises de la Commission Bouchard-Taylor, ce commentaire emprunte au dernier livre de la Bible, appelé l’Apocalypse, plus précisément au sixième chapitre, où l’évangéliste Jean parle des quatre cavaliers de l’Apocalypse.
Je ne suis pas un fan des commentaires de Denise Bombardier au TVA de 22 heures, mais j'ai été agréablement surpris d’'entendre Mme Bombardier dire qu'elle voyait des similitudes entre un certain courant écologique et la religion.
APOCALYPSE: loin de moi l’idée de vous prédire la fin du monde qui n’est ni à sept heures, ni à vingt heures, ni peut-être jamais du vivant de nos contemporains. Loin de moi aussi l’idée d'associer la mouvance écologique aux pires calamités comme celles de semer la guerre, la famine, la pestilence et la mort. En fait, c’est plutôt l’attitude doctrinaire de certains ténors de l’écologie qui m’inspire cette analogie; ces prophètes de malheur dont les sombres
prédictions suggèrent un avenir triste.
CHEVALIER: au moyen-âge un chevalier était par définition, un combattant à cheval. Le mot combattant me semble bien décrire le comportement de quelques-uns de ces défenseurs de la Nature. Par leurs gestes aussi spectaculaires que vindicatifs, qu’on pense aux incursions dans
des laboratoires scientifiques pour libérer des animaux, qu’on pense aux hommes araignées qui s’accrochent aux amarres des navires pour sauver la forêt, qu’on pense aux anges gardiens des phoques qui s’interposent pour arrêter le bras vengeur du chasseur, l'analogie est troublante.
J'ai toujours trouvé étrange qu'on ne voit jamais de ces acrobates de l'environnement tenter de stopper les puissants pétroliers qui lèvent l'ancre dans les ports d'Arabie Saoudite et du Koweit. J'ai comme l'impression que la police des pays du Golfe Persique, ne tolérerait pas longtemps de tels trouble-fête. Et pourtant, le pétrole est l’une des principales sources de pollution dans le monde.
Greenpeace et d’autres organismes semblables veulent imposer aux travailleurs d’ici leur vision en matière de gestion des forêts, alors je me dis que Greenpeace devrait créer un parti politique et tenter de faire élire des candidats. C’est la règle en démocratie.
Certaines personnes auraient intérêt à lire l'essai d’Hervé Kempf intitulé «Comment les riches détruisent la planète» publié aux Éditions du Seuil. Cet ouvrage, non seulement identifie les vrais responsables de la pollution qui menacent la survie de tous, mais il milite pour que le débat s'articule sur les moyens politiques de changer les choses.
Al Gore et le Groupe international d’étude sur le climat (GIEC) ne sont pas en cause dans mon commentaire. L’ex-vice-président démocrate est trop habile politicien pour se mettre à dos les puissants syndicats des travailleurs de l’automobile (TUA) dans ses efforts de sensibilisation de la planète, d’autre part le GIEC émet un constat sur le réchauffement climatique, mais ne suggère pas de tout arrêter la production industrielle pour résoudre le problème.
De Bhopal en Indes, à Sevezo en Italie, en passant par Tchernobyl en ex-URSS, des milliers de gens ont souffert ou sont morts d'empoisonnement ou d'exposition aux radiations par la cupidité d’actionnaires assoiffés de rendement, ou de fonctionnaires trop zélés.
La contamination des sols et des rivières, l’assèchement des plans d’eau (ex: Mer d’Aral) et l’avance du désert, l’épuisement et le gaspillage des ressources, la pollution des mers et le réchauffement climatique sont tous reliés. Aussi, c’est lorsqu’on se demandera vraiment à qui profite le crime qu’on identifiera les coupables. Ce n’est pas en s’attaquant au gagne-pain de modestes travailleurs de la forêt, de la pêche ou de la chasse, qu’on ralliera l’opinion publique à la cause de l’environnement.ꆱ