La lutte dans tous ses états !
Je l’avoue ! J’ai toujours aimé visionner les émissions de lutte au petit écran. J’ai grandi avec Johnny et Jacques Rougeau, Abdulah, le Sheik, Edouard Carpentier, Michel Justice Dubois, Gilles The Fish Poisson et autres. C’était la belle époque. Maintenant, les prouesses «stéroïdisées» des lutteurs et les beautés «siliconisées» des divas de la WWE me plaisent de moins en moins.
La World Wrestling Entertainment (WWE) est la plus importante entreprise spécialisée dans la lutte-spectacle au monde. Une machine à fabriquer de l’argent. Outre les émissions télévisées Raw, Smackdown et ECW, il y a les galas au Pay Per View et la vente de millions de divers produits dérivés (DVD, figurines, livres, etc.)
Au début des années 80, la WWE, propriété de Vince McMahon, entreprend sa conquête mondiale. Tel un rouleau compresseur, le géant anéantit les petites fédérations des États-Unis et du Canada. Sa recette ? Du spectacle, toujours du spectacle ! Personnages plus farfelus les uns que les autres, effets son et lumière, musique typique à l’entrée des lutteurs. Le déploiement de masses musculaires et d’habiletés techniques sert de trame de fond à des scénarios signés par les meilleurs scénaristes de téléromans, pour maintenir l’intérêt des spectateurs d’un gala à l’autre. Outre le charisme, les lutteurs enchaînent les performances athlétiques et excellent dans les gestes d’expression corporelle.
Mariages dans l’arène, engueulades, crises de jalousie, revanches planifiées. Les producteurs s’assurent de galvaniser les foules en attisant les instincts les plus primitifs. Une supposée réalité se traduit par une opposition entre les bons, de vertueux héros, et les méchants, de vils personnages bourrés de malice. Mais, le scénario prend des proportions exagérées. Certains numéros sont carrément de mauvais goût, voire même dégueulasses.
Dans les années 70, les lutteurs devaient s’entraîner comme des forcenés pour une musculature appréciable. Maintenant, plusieurs prennent des stéroïdes et autres produits dopants. L’important, c’est d’avoir un corps d’Adonis pour devenir une star et empocher le magot. Vince McMahon encourage ses lutteurs à dépasser les limites humaines, exigeant que ses bêtes de cirque risquent leur vie pour garder leurs jobs au sein de la secte. En échange d’argent, tu me donnes ton âme et ta vie.
Les stéroïdes font des dégâts incommensurables. Plusieurs vedettes sont décédées entre 20 et 40 ans. J’ai vu des lutteurs se transformer à une vitesse fulgurante à cause de cette merde. Des dizaines de morts prématurées. Antidouleurs, stéroïdes, cocktails explosifs. Parmi ces décès: Curt Henning, Chris Benoit, Owen Hart, Junkyard Dog, Rick Rude, Eddie Guerrerro, Bam Bam Bigelow, Brian Pillman, Yokozuna, Earthquake, etc.
Les autorités policières ont confirmé que Chris Benoit a étranglé son épouse et son fils de sept ans avant d’aller se pendre après une poulie d’haltère. Il avait 10 fois le niveau normal de testostérone, qui semblait avoir été injectée peu de temps avant sa mort, ainsi qu’une drogue pour combattre l’anxiété et un antidouleur. Le fils de Benoit était sous l’effet d’un sédatif et son épouse avait pris des drogues sur ordonnance.
Le jour où les corps de Benoit et de sa famille ont été découverts, la WWE lui a consacré une émission de trois heures. Tout le monde criait son amour pour Benoit, sans savoir que ce dernier venait de tuer sa femme et son fils. Dégueulasse.
La WWE ressemble au mythe américain dans son plus bel exemple: être gros, fort, beau,
violent, raciste, sexiste et mourir pour sa patrie ou pour n’importe quelle foutue raison.
Bel exemple.