Il faut que jeunesse se passe
Le père et nouveau grand-père que je suis se réjouit toujours d’entendre et de lire de bonnes et positives choses concernant les enfants, les jeunes, les adolescents, la jeunesse en général quoi. J’en ai au moins deux exemples à commenter ici.
D’abord cette belle réussite de Jacqueline St-Louis et de son conjoint qui sont famille d’accueil pour des adolescents de 14 à 18 ans, une histoire vraiment touchante et émouvante très bien racontée par la journaliste Marie Allard, de La Presse.
Ensuite, le dernier sondage Léger Marketing qui nous apprend que les jeunes sont majoritairement heureux, qu’ils (et elles) vivent chez leurs parents (encore là, très majoritairement, avec les deux parents, non séparés!)... Une vie normale, quoi!
Tellement de choses négatives se disent et s’écrivent sur les adolescents et les jeunes adultes qu’il fait grand bien de pouvoir ainsi relativiser, nuancer, mettre un ou des bémols, dresser un portrait plus juste et plus équilibré de la situation et du contexte.
Loin de moi l’idée de vouloir nier la réalité de certains jeunes mal-aimés, abusés, désespérés, désemparés, découragés, - parfois drogués, déstabilisés, déséquilibrés -, qui souvent posent LE geste irréparable, irréversible, fatal. J’en ai en mémoire quelques cas dans mon propre entourage. Qui n’en n’a pas? Posez la question autour de vous...
Ce qui souvent m’énerve, ce sont les phrases toutes faites, les préjugés, les faussetés, les affirmations gratuites qui englobent tous les jeunes dans un même moule, affublés de la même étiquette peu reluisante qui se lirait comme suit: vaurien. Il faut bien que jeunesse se passe, et généralement, elle se passe bien. Je tiens à le dire, et dans mon quotidien, si j’entends la phrase «assassine» sur tel ou tel jeune ou sur les jeunes en général, je m’empresse de temporiser, de calmer la donne. Pour moi, jeunesse rime avec richesse.
Si plusieurs adolescents connaissent un parcours difficile, tortueux, dans un milieu familial loin d’être idéal, qui décrochent, fuguent ou fuient leur dure réalité; d’autres, et ils sont plus nombreux, sont sereins et s’accomplissent très bien dans leurs projets de vie.
Pour terminer sur une note très actuelle, je ne peux m’empêcher de penser aux jeunes qui choisissent la carrière militaire, souvent pour s’imposer une discipline personnelle, mais qui ne pensent pas qu’ils mourront prématurément et brutalement au combat (encore six soldats sont morts dans les derniers jours!) dans la force de l’âge en laissant eux-mêmes des enfants qui deviendront des jeunes et qui devront faire face à leur singulier destin.