Pauline Marois: entre Jeanne d’Arc et Madeleine de Verchères
Après Pauline à la plage en vacances forcées, voici Pauline à l’ouvrage, cette politicienne aguerrie qui vient de siffler la fin de la
récréation...et l’apitoiement au Parti Québécois.
À une époque où des femmes aspirent aux plus hautes fonctions et elles y arrivent de plus en plus, qu’on pense à la présidente du Chili, Michelle Bachelet et à la chancelière de l’Allemagne, Angela Merkel, on peut raisonnablement croire que Pauline Marois n’est ni l’exception ni un phénomène bizarre. On dit de Pauline Marois, qu’elle et son mari sont très riches. C’est pourtant s’engager sur un terrain glissant que de juger une femme de
carrière en parlant de son mari ou de ses parents Chacun sait que la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget est l’épouse de l’ancien ministre Claude Forget, qui ma fois, ne réussit pas trop mal en affaires. Chacun sait aussi que Françoise David n’est pas née dans une famille ouvrière de Pointe Saint-Charles, mais qu’elle est la fille du célèbre cardiologue Paul David. Du côté de Mme Marois, l’aisance familiale du couple Marois-Blanchet constitue davantage un atout, car l’appât du gain n’est certes pas la préoccupation principale de la nouvelle présidente du PQ. Pauline Marois bénéficie en fait d’un grand capital de
sympathie, au chapitre de l’intégrité.
Rappelons sans aucune partisannerie, quelques exploits de l’élue. Pauline Marois a réalisé la restructuration des commissions scolaires
et la création des commissions scolaires
linguistiques. Elle a réussi là où ses prédécesseurs, Claude Ryan et Camille Laurin s’étaient cassé les dents. Mme Marois a aussi créé les CPE, les fameuses garderies à 5 $ dont tous les parents de jeunes enfants aimeraient bien profiter aujourd’hui. Appréciée de ses
collaborateurs qui vantent son sens du travail en équipe, Pauline Marois écoute et décide sans tergiverser. Alors qu’elle était ministre de la Santé, Pauline Marois s’est vu reprocher sa
décision, d’envoyer des patients recevoir des traitements contre le cancer aux États-Unis;
là-dessus Mme Marois estime que, compte tenu des moyens et du temps dont elle disposait pour doter les centres d’un équipement adéquat et de spécialistes compétents, il était impossible de traiter ces patients dans des délais raisonnables. À bien y penser c’est plutôt à ses chefs de l’époque, les obsédés du déficit zéro, qu’il faut s’en prendre, Lucien Bouchard et Bernand Landry.
Bien sûr, Pauline Marois devra corriger son regard un peu hautain et son air pincé qui lui valent la réputation d’être snob. Elle se dit à
l’écoute et jusqu’ici elle peut profiter d’une lune de miel avec le public comme semble le
confirmer les sondages. Tenace, elle l’est, car en effet, rares sont les politiciens qui reviennent à la charge après deux défaites dans autant de courses à la chefferie. Entre nous le PQ a perdu deux ans en palabres inutiles sous André Boisclair, sans compter la saison des idées de Bernard Landry, qui fut tout autant improductive.
Souveraineté et social-démocratie ne seront pas plus mal défendues par elle. Rappelez-vous qu’un grand bourgeois outremontais comme «Monsieur» Parizeau, en a surpris plus d’un par ses idées de gauche; Mme Marois pourrait-elle aussi nous surprendre en mobilisant tous ceux qui craignent l’actuel courant conservateur à l’Assemblée nationale. Historiquement le PQ n’est pas tendre avec ses chefs, Pauline Marois finira-t-elle au bûcher comme Jeanne d’Arc, ou réussira-t-elle à la manière de Madeleine de Verchères, à convaincre les Québécois qu’ils sont plus nombreux qu’ils ne le croient, à appuyer le projet souverainiste?