Réplique de Thierry St-Cyr
Emploi étudiants d’été: Le secrétaire à l’agriculture est dans le champ
Dans une lettre publiée récemment dans La Voix Populaire, le secrétaire à l’agriculture critiquait le travail que j’ai fait avec le milieu pour protéger les emplois d’été des étudiants dans différents organismes de la circonscription. Candidement, le secrétaire à l’agriculture a même dit qu’il «avoue avoir de la difficulté à suivre»… c’est le moins que l’on puisse dire!
Pour l’aider à suivre, soulignons quelques faits. Il est vrai que ma collègue Pauline Picard a critiqué certains aspects du programme par le passé. Elle n’est pas la seule, car plusieurs recommandations ont été faites par le Comité des ressources humaines de la Chambre des communes lors de la révision du programme. Cela dit, quand un programme comporte des lacunes, il faut en présenter un meilleur, et non pas un pire! Il n’y a que les conservateurs pour avoir l’esprit assez tordu pour croire qu’entre deux maux, les citoyens préfèrent le pire…
Pire d’une part parce que le budget du programme a été coupé. Le secrétaire à l’agriculture peut bien se livrer à toutes sortes de pirouettes intellectuelles, citer des collègues hors contexte et me faire dire ce que je n’ai jamais dit, la réalité reste là, implacable: le budget du programme a été amputé de 10 millions de dollars. Pour l’an prochain, c’est un autre 45 millions de coupures qui sont prévues.
Pire d’autre part parce qu’alors que tous les organismes et tous les étudiants demandaient que les attributions soient faites plus tôt dans l’année, c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Dans un amateurisme et un fouillis bureaucratique indescriptible, le gouvernement conservateur vient tout juste d’accorder les subventions. Beaucoup trop tard, alors que plusieurs jeunes ont déjà dû trouver un autre emploi d’été. Sans compter l’insécurité dans laquelle tout ce cafouillage a plongé plusieurs organismes qui doivent planifier leur offre de service pour l’été plusieurs mois à l’avance.
Pire aussi parce qu’il ne tient plus aucunement compte des besoins locaux. Tout se décide à partir de critères élaborés à Ottawa. Comme si les priorités étaient les mêmes dans le Sud-Ouest, qu’à Westmount ou à Saskatoon! Auparavant, les députés étaient consultés par les fonctionnaires et il était possible de prendre en compte les réalités locales afin de mieux répondre aux besoins du milieu. L’an dernier par exemple, j’ai privilégié les activités qui contribuaient à lutter contre la criminalité et à diminuer la pauvreté.
C’est pour toutes ces raisons que le Bloc Québécois demandait que le précédent programme soit maintenu, le temps d’aller vers la vraie solution. Cette vraie solution, c’est de mettre fin à une autre invasion d’un champ de compétence du Québec en rapatriant ce programme et les fonds qui l’accompagnent vers le gouvernement du Québec, qui est d’ailleurs le mieux placé pour le mettre en œuvre.
En conclusion, je dirais que je suis très fier du combat que j’ai mené avec la communauté. Et manifestement, cette lutte dont j’ai pris le leadership a porté ses fruits puisque les résultats dans le comté sont plutôt positifs pour cette année. Évidemment, pour y arriver, ça prend des députés qui portent le message de la population à la Chambre des communes comme le fait le Bloc Québecois; et non pas des députés qui viennent dire au Québécois comment le gouvernement fédéral est donc bon et donc fin. C’est peut-être ça que le secrétaire à l’agriculture a vraiment de la difficulté à suivre…
Thierry St-Cyr
Député du Bloc Québécois dans Jeanne-Le-Ber