Promesse d’intégration
Maisons patrimoniales: l’arrondissement du Sud-Ouest et l’ÉTS s’entendent!
L’arrondissement du Sud-Ouest a annoncé, cette semaine, la conclusion d’une entente avec l’École de technologie supérieure (ÉTS), qui permettra d’intégrer des composantes des deux maisons patrimoniales dans le projet de résidences étudiantes de l’ÉTS.
À compter de cette semaine, l’ÉTS pourra donc procéder à leur démolition et poursuivre l’élaboration de son projet de construction mixte de 204 logements avec rez-de-chaussée commercial, d’une valeur de 40 M$.
La mairesse de l’arrondissement du Sud-Ouest, Jacqueline Montpetit, a profité de l’annonce pour réitérer l’importance à ses yeux de l’ÉTS dans la revitalisation du secteur Griffintown et «la volonté de l’arrondissement de lui apporter sa pleine collaboration dans ses projets d’expansion».
Les stratégies d’intégration adoptées sont le résultat de plusieurs séances de travail entre l’ÉTS, l’arrondissement du Sud-Ouest et le bureau du patrimoine, de la toponymie et de l’expertise de la Ville de Montréal.
Les parties se sont entendues pour privilégier un rappel historique des deux maisons, plutôt que leur conservation intégrale. De facture nettement contemporaine, le concept retenu consiste en un marquage au sol par l’utilisation d’un dallage différencié, qui identifiera l’emplacement exact des maisons, à l’intérieur comme à l’extérieur du nouveau bâtiment.
Bien intégrées
Plusieurs éléments viendront rappeler l’existence des deux bâtiments, dont un panneau de verre de grande dimension, sur lequel sera apposée une image sérigraphiée montrant une partie de la maison de bois à l’échelle réelle. Ce panneau sera fixé à la façade du nouveau bâtiment par une fine structure métallique.
Des parties des murs existants provenant des deux maisons seront enchâssées entre deux pans de verre et intégrées à la façade du nouveau bâtiment de la rue Notre-Dame. Elles seront accompagnées d’explications qui permettront aux passants de comprendre les méthodes de construction de l’époque.
Des panneaux didactiques comportant un recueil de photos anciennes ainsi qu’un texte documentaire y seront également installés.
Enfin, le foyer de la maison qui servait d’auberge sera récupéré et mis en valeur dans le hall d’entrée du nouvel édifice, à son emplacement d’origine. On pourra le voir également à partir de la rue.
Situées sur la rue Notre-Dame Ouest, les deux maisons patrimoniales sont parmi les derniers témoins de l’histoire des faubourgs montréalais. L’une, en bois, construite vers 1830-1835, servait d’auberge, tandis que l’autre, en briques, construite vers 1856-1857, est typique de la maison de quartier ouvrier.
Toutes deux s’inscrivent dans l’époque charnière où Montréal adopta une réglementation exigeant l’usage de la maçonnerie, à la suite de l’incendie majeur de 1852, qui avait détruit entre 4 000 à 5 000 maisons de bois.