Les promoteurs du Centre social autogéré (CSA) de Pointe-Saint-Charles ont transporté leur revendication devant la mairie d’arrondissement le 2 juin dernier.
L’étude du projet de conversion du 2985, Saint-Patrick est reportée
L’article était à l’ordre du jour de la séance du conseil d’arrondissement du 2 juin. Mais les élus du Sud-Ouest ont décidé de le retirer et de reporter à une date ultérieure l’étude de la résolution qui aurait autorisé la construction d’habitations et de commerces en lieu et place du bâtiment situé au 2985, Saint-Patrick.
«L’article a été retiré pour réfléchir, pour travailler avec le promoteur et avec les citoyens pour voir dans quelle direction on va», a indiqué la mairesse de l’arrondissement, Jacqueline Montpetit.
Situé au coin des rues Saint-Patrick et Atwater, l’immeuble abandonné – une ancienne fabrique de chandelles – a beaucoup fait parler au cours des derniers jours. Le 29 mai, des membres du Centre social autogéré (CSA) de Pointe-Saint-Charles ont pris possession du bâtiment avant d’être délogés le lendemain par les policiers. Le CSA désirait y établir le siège de ses activités. Le geste visait également à dénoncer l’embourgeoisement des quartiers ouvriers du Sud-Ouest.
Le propriétaire désire construire à la place du bâtiment deux tours de condominiums de six étages avec commerces au rez-de-chaussée. Une idée qui déplaît à plusieurs résidants du secteur, comme on a pu le constater lors de la séance du conseil. La principale objection: ces bâtiments auraient pour effet de restreindre l’accès au canal.
Des représentants du Comité pour la protection de l’accès au canal Lachine, un comité regroupant environ 300 personnes, dont des résidants d’immeubles voisins, ont critiqué le projet. Ils ont pressé l’arrondissement de fermer la porte à cette conversion. Blandine Charbonneau, de la Table de concertation Action-Gardien de Pointe-Saint-Charles, a dénoncé le «manque d’imagination» de ce projet. «Il pourrait y avoir un geste courageux contre la privatisation des berges», a-t-elle lancé. Des citoyens opposés à la construction de ces immeubles ont plaidé pour la conversion du site en espace vert. Un résidant a suggéré un échange de terrain avec le propriétaire.
Devant l’importance de l’enjeu, des citoyens ont demandé à ce que le projet soit référé à l’Office de consultation publique de Montréal. La mairesse n’a pris aucun engagement en ce sens.
Rassemblement du CSA
Profitant de la séance du conseil, les promoteurs du Centre social autogéré ont transporté leur revendication devant la mairie d’arrondissement, le 2 juin. Plus de 150 personnes ont pris part à la manifestation. «Le projet n’est pas mort. On a d’autres plans. On va continuer la lutte», a déclaré un porte-parole.
Plusieurs supporters du projet ont assisté à la séance. Quelques-uns s’étaient inscrits à la période de questions. Lors de leurs interventions, ils ont décrié l’attitude du service de police entourant l’éviction. Un service de police qui, incidemment, était très présent tant dans la rue que dans la mairie lors de la séance du conseil. Policiers et agents de sécurité contrôlaient les personnes qui voulaient assister à la séance. Des citoyens ont exprimé aux élus leur colère devant ces mesures de sécurité jugées excessives.