Le labyrinthe de la solidarité. ">
Des femmes qui participent aux activités de Madame Prend Congé ont décidé d’exprimer leur perception de Pointe-Saint-Charles en collaborant à la création de l’œuvre d’art public
Le labyrinthe de la solidarité.
Le labyrinthe de la solidarité
Comment les résidants de Pointe-Saint-Charles voient-ils leur quartier ? On connaîtra la perception de 500 personnes – hommes, femmes, adultes, enfants – grâce à l’oeuvre d’art public intitulée Le labyrinthe de la solidarité.
Le projet est piloté par Yves Champagne, animateur des ateliers de poterie et céramique au Centre d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles.
Pour le moment, les tuiles s’empilent dans des boîtes. «Chacune est comme un petit tableau», souligne M. Champagne. Certaines dépeignent en toute simplicité des scènes de vie du quartier. D’autres rappellent des réalités sociales, telle cette main noire et cette main blanche se serrant la pince en toute amitié et évoquant l’aspect multiethnique du quartier. D’autres véhiculent un commentaire mordant, telle cette image représentant une multitude de petits poissons qui unissent leurs forces pour faire la vie dure à un gros requin. «Chacune reflète quelque chose d’important pour l’artiste», constate Yves Champagne.
Le projet a démarré en novembre 2007, explique-t-il. «Il veut souligner l’enracinement dans le quartier.» C’est parti d’une volonté d’améliorer la qualité de vie dans Pointe-Saint-Charles et d’une question: comment embellir le quartier par une œuvre d’art ? Une vingtaine de citoyens ont accepté de s’asseoir pour y réfléchir. Ensemble, ils ont défini les valeurs qui caractérisent le quartier. La principale: la solidarité. On a aussi identifié la combativité, l’entraide, l’esprit communautaire et plusieurs autres. «Puis on s’est demandé comment refléter ces valeurs», relate M. Champagne. L’idée d’une œuvre d’art public réunissant une multitude de petites tuiles peintes par des citoyens a émergé.
L’œuvre sera constituée de 500 tuiles mesurant 15 cm sur 15 cm. Elles borderont un sentier ouvert aux promeneurs, une idée de Graziela Malagoni inspirée des labyrinthes au sol que l’on retrouve dans des cathédrales européennes. Le Labyrinthe de la solidarité sera une véritable «galerie permanente», note Yves Champagne. «Ce sera une lecture de ce que les gens pensent de la communauté.»
Comme site d’accueil permanent pour l’œuvre, M. Champagne a dans la mire l’espace vert situé derrière la station de métro Charlevoix. Une entente devra être négociée avec l’arrondissement du Sud-Ouest. «L’installation pourrait se faire cet été ou à l’automne», indique M. Champagne, qui aimerait bien qu’elle se fasse cette année, une année qui marque les quarante ans d’existence du Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles, souligne-t-il.
Les ateliers de création ont débuté au printemps dernier. Une seule consigne pour les artistes-citoyens: «quel aspect du quartier voulez-vous refléter?». Jusqu’à maintenant, 300 tuiles ont été peintes. «Nous avons commencé par les participants aux ateliers de poterie», signale M. Champagne. Puis, par le biais de la Table de concertation Action-Gardien, on a lancé l’appel aux membres de divers groupes: les Services juridiques communautaires de Pointe St-Charles et Petite Bourgogne, le centre de femmes Madame Prend Congé, le personnel et les enfants qui fréquentent la Maison Saint Columba, le YMCA, Familles en action, etc.
«Les gens sont fiers d’avoir l’occasion de laisser une trace. Ils se sentent valorisés», observe M. Champagne, enchanté des créations. «C’est fantastique de découvrir toute cette beauté. Je suis émerveillé». Une beauté que l’on pourra admirer longtemps. «Ça va durer cent ans», lance-t-il avec enthousiasme.
Invitation aux citoyens
Les citoyens de Pointe-Saint-Charles qui veulent créer leur tuile sont invités aux ateliers qui auront lieu le 7 février de 13h à 16h et le 24 février de 19h à 21h au Carrefour d’éducation populaire situé au 2356, rue Centre. Information et inscription au 514 596-4444.