Le diabète est la maladie chronique la plus présente à Verdun et dans le Sud-Ouest. Un tout nouveau Centre de référence sur le diabète vient d’y être lancé. (Photo : Martin A. Chamberland)
S’unir contre le diabète
Les gens du Sud-Ouest et de Verdun favorisés
Le tout premier Centre de référence sur le diabète québécois vient d’être lancé par le CSSS Sud-Ouest-Verdun. Pas moins de 200 patients ont bénéficié à ce jour des services des infirmières, diététistes, pharmaciens, kinésiologues et médecins spécialistes de l’équipe du centre, et la direction entend doubler ce chiffre d’ici le printemps.
Le Sud-Ouest et Verdun constituent des secteurs tout indiqués pour établir un premier centre sur le diabète puisque la quantité de personnes diagnostiquées est de 10% supérieure à la moyenne montréalaise à St-Henri et Pointe St-Charles, tandis que l’Hôpital de Verdun compte le plus haut taux de consultations en urgence liées à la maladie.
Totalement novateur, le centre intègre à la fois les efforts de sensibilisation, de prévention et d’amélioration des habitudes de vie, de même que le traitement spécialisé des diabétiques.
«Lorsque les patients sont recommandés au centre par leur médecin de famille, la première chose qu’on leur offre, c’est une formation intensive de trois jours au centre pour apprendre à bien maîtriser leur maladie. Ensuite, les gens sont pris en charge par le centre pour une durée de deux ans», explique Danielle McCann, directrice générale du Centre de santé et services sociaux du Sud-Ouest et de Verdun (CSSS SOV).
Situés au CLSC de Verdun (400, rue de l’Église), les bureaux de l’équipe interdisciplinaire - une dizaine d’employés - comptent plusieurs salles de cours et d'examens, tous les services étant offerts au même endroit. Le centre accueille tant les patients souffrant du diabète de type un que du type deux, cette dernière forme de la maladie étant beaucoup plus présente dans le Sud-Ouest, selon Mme McCann.
Témoignage d'une bénéficiaire
Lise Brisebois, une retraitée, consulte le centre depuis novembre dernier. Atteinte de diabète depuis 1992, il lui a fallu le décès de sa sœur en mai dernier, dû à des complications de la même maladie, pour se prendre en main.
«Le déni est très important chez les diabétiques, c'est cela qu’il faut combattre. Pourtant, une fois au centre, j'en ai appris plus sur ma maladie en trois jours que je ne l’avais fait en 16 ans», assure-t-elle.
«Je me sens beaucoup mieux, plus en forme et surtout moins coupable par rapport à la nourriture grâce à l’aide de la nutritionniste.»
Selon la dame, peu importe leur âge ou leur sexe, tous les diabétiques du secteur devraient adopter les services du centre.
Le premier d’une série
L’innovation que constitue la création du Centre de référence sur le diabète devrait s’étendre aux 11 autres CSSS de l’île de Montréal, selon David Levine, président-directeur général de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Un seul bémol, les patients désirant avoir accès aux services du centre doivent être référés par leur médecin de famille et ce dernier doit être situé à Verdun ou dans le Sud-Ouest, ce qui peut poser une double problématique, surtout lorsque l’on sait que 30% des Montréalais n’ont même pas de médecin de famille.
(Photo : Martin A. Chamberland)