Ahmed Wali Karzai, le président du conseil provincial de Kandahar, sort de de sa maison en Kandahar, Afghanistan, le jeudi 1 mai, 2008. LA PRESSE CANADIENNE/ Murray Brewster
KANDAHAR, Afghanistan - Les militaires canadiens qui ont appelé des talibans à s'asseoir et à négocier avec les autorités afghanes sont dans l'erreur, selon le ministre de la Défense, Peter MacKay.
Le ministre a soutenu vendredi que l'appel au dialogue de soldats sur le terrain court-circuite un groupe de travail international qui, avec le gouvernement afghan, tentait de s'entendre sur les moyens de discuter avec des commandants talibans.
Le quotidien torontois The Globe and Mail citait jeudi le lieutenant-colonel Gordon Corbould, responsable du groupe de combat de 1000 soldats canadiens en poste à Kandahar, et le sergent Tim Seeley, coordonnateur de l'équipe de reconstruction, qui confiaient que les canaux de communication étaient ouverts pour les talibans modérés.
D'autres responsables à Kandahar, qui ont préféré garder l'anonymat, ont soutenu les propos des deux militaires, qualifiant la stratégie de "créative".
Ils ont été rapidement rabroués par le ministre.
M. MacKay a soutenu qu'ils ne parlaient certainement pas au nom du gouvernement du Canada. Le ministre a rappelé que le gouvernement conservateur ne négociait pas avec les terroristes.
M. MacKay a ajouté que toute forme de réconciliation devait être entreprise par les Afghans eux-mêmes. "Ottawa soutient les efforts de paix du gouvernement afghan à distance, et c'est très bien ainsi", a-t-il confié.
Cette stratégie de négociation de militaires canadiens avec des talibans avait été accueillie avec espoir par le frère du président afghan Hamid Karzaï, Ahmed Wali Karzaï, qui est aussi le président du conseil provincial de Kandahar.
"J'appuie sans réserve la décision du Canada, a déclaré jeudi le frère du président Karzaï en entrevue à La Presse Canadienne. Il y a des gens à qui on peut faire entendre raison."
Ahmed Wali Karzaï croit que 90 pour cent des talibans actifs dans cette province pourraient être prêts à déposer les armes si on leur proposait des conditions acceptables.
Le groupe de travail international dont a fait mention le ministre réunit le Canada, les Etats-Unis, la Royaume-Uni et le gouvernement afghan. M. MacKay a indiqué que le groupe ne s'était pas encore entendu sur une position commune.
Les Etats-Unis auraient posé trois conditions à l'ouverture d'un dialogue avec des commandants talibans, soit de contrer le retour d'al-Qaïda, refuser tout partage du pouvoir avec les talibans et maintenir la présence militaire internationale.
Le ministre a ajouté que chaque pays a son approche, refusant d'entrer dans les détails de la position soutenue par le Canada sur le groupe de travail.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne