HALIFAX - Une substance potentiellement cancérigène, le "Peridite", a brûlé lors de l'incendie d'un sous-marin canadien survenu il y a près de quatre ans.
La marine canadienne avait auparavant affirmé que cette substance, de la résine d'époxy utilisée dans l'isolation du sous-marin, ne semblait pas avoir brûlé lors de l'incendie du NCSM Chicoutimi, en octobre 2004.
Un porte-parole de la marine, Jeff Agnew, a toutefois révélé au Chronicle Herald d'Halifax, mercredi, qu'une petite quantité de Peridite, couvrant une surface d'environ un pied carré, avait brûlé.
Selon lui, cette "quantité minime" n'a pas rendu l'incendie plus dangereux que les autres substances qui ont brûlé en plus grandes quantités.
Le sous-marin avait quitté Faslane, en Ecosse, en direction d'Halifax, le 4 octobre 2004. Le lendemain, deux techniciens s'affairaient à réparer une valve défectueuse lorsqu'une vague a frappé le navire. Quelque 2000 litres d'eau salée se sont ainsi infiltrés dans le NCSM Chicoutimi et sont entrés en contact avec le câblage, provoquant un court-circuit.
Après que l'incendie eut été maîtrisé, neuf membres d'équipage ayant inhalé de la fumée ont dû être soignés. Le lieutenant Chris Saunders, de Halifax, a perdu la vie.
Plusieurs des 55 membres d'équipage du sous-marin ont commencé récemment à avoir des problèmes respiratoires et une variété de troubles neurologiques.
Les anciens marins qui ont servi sur le NCSM Chicoutimi de même que leurs épouses ont été conviés mercredi soir à une rencontre, à Halifax, afin de faire le point sur les effets que l'incendie a pu avoir sur leur santé et connaître leurs options.
"Il s'agit pour eux d'une séance d'information et c'est pour nous une occasion de connaître leurs inquiétudes, s'ils en ont", a dit Jeff Agnew.
La marine canadienne prévoit rendre publics jeudi les résultats des analyses toxicologiques effectuées dans les années ayant suivi l'incendie.
La marine a réalisé les dangers du Peridite en 2001, lors de rénovations sur le sous-marin NCSM Victoria. Les travailleurs avaient alors été avisés de prendre des précautions lorsqu'ils devaient manipuler la substance et de s'assurer de ne jamais la chauffer au-delà de 200 degrés C.
La marine ne prévoit par ailleurs pas retirer le Peridite de ses sous-marins, affirmant que ce serait trop dispendieux et que le risque posé par la substance est négligeable.
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