OTTAWA - Stephen Harper et Jack Layton ont tous deux reculé, mercredi: ils ne s'opposent plus à l'inclusion d'Elizabeth May, la chef du Parti vert, dans les débats des chefs qui seront télédiffusés les 1er et 2 octobre.
Le chef néo-démocrate a été le premier à céder, mercredi. Moins d'une heure plus tard, le chef conservateur faisait de même.
M. Layton a affirmé que l'affaire était "devenue une distraction" et qu'il ne désirait plus continuer à "débattre sur le débat" des chefs.
"En autant que Stephen Harper y soit, je me fiche de qui d'autre est sur scène", a-t-il déclaré dans son autocar de campagne, qui faisait route dans la région de Toronto.
Le consortium des réseaux de télévision qui doivent produire les débats - CBC, Radio-Canada, CTV, Global et TVA - a indiqué lundi que "certains chefs de parti" avaient menacé de boycotter l'événement si Mme May y participait. On a appris depuis que le consortium évoquait ainsi - sans les nommer - Jack Layton et Stephen Harper.
Ces derniers avaient fait valoir que permettre à Elizabeth May de prendre part aux débats équivalait à permettre à deux libéraux de s'y présenter, puisque la chef du Parti vert a affirmé à plusieurs reprises préférer Stéphane Dion à Stephen Harper pour occuper le poste de premier ministre.
Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a pour sa part demandé au consortium d'expliquer en détail ce qui l'a poussé à exclure des événements la chef du Parti vert.
Mercredi, lors d'une conférence de presse sur la participation des femmes en politique, M. Dion a accusé ses rivaux de se "cacher" derrière le consortium pour expliquer l'exclusion d'Elizabeth May.
La chef du Parti vert déplore que les discussions à propos de sa présence aux débats des chefs se déroulent derrière des portes closes et considère qu'elles vont à l'encontre de la démocratie.
Mme May a intensifié ses pressions auprès des télédiffuseurs depuis que le député indépendant Blair Wilson s'est joint à son parti, donnant ainsi au Parti vert un premier siège à la Chambre des communes. Mais le député Wilson, un ancien libéral devenu indépendant, n'a pu siéger pour les Verts avant la dissolution des travaux de la Chambre des communes.
Lors des débats de la campagne électorale de 2006, le Parti vert avait été exclu malgré un appui populaire croissant, sous prétexte qu'il ne comptait aucun député.
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