Le chef du Bloc, Gilles Duceppe. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick/photo d'archives
OTTAWA - En plein milieu d'une âpre dispute avec Elections Canada sur les dépenses en publicités électorales, le gouvernement conservateur se retrouvera dans une drôle de position, mardi, lorsqu'il devra ou non réitérer sa confiance envers le commissaire aux élections et Elections Canada.
Le Bloc québécois a en effet décidé d'utiliser sa journée d'opposition pour forcer les conservateurs à choisir leur camp.
Selon le chef du Bloc, Gilles Duceppe, les conservateurs devront clairement dire s'ils font confiance à l'organisme indépendant.
"On veut les entendre. Est-ce qu'ils font confiance à Elections Canada ou pas?", a expliqué M. Duceppe.
"S'ils ont confiance, ils devront arrêter de critiquer sans cesse Elections Canada et laisser entendre que c'est un organisme qui agit avec partialité. C'est ce qu'ils font depuis des semaines maintenant", a-t-il poursuivi.
Depuis deux semaines, le Parti conservateur répète qu'il est victime de discrimination de la part d'Elections Canada qui refuse de lui rembourser des dépenses publicitaires de 67 candidats de la dernière élection.
Le Parti conservateur a transféré des milliers de dollars dans les comptes bancaires de ces 67 candidats, de l'argent qui était aussitôt retransféré à la maison mère pour l'achat de publicités.
Le problème, c'est qu'il s'agissait de publicités nationales et Elections Canada prétend que les dépenses auraient dû être imputées au Parti conservateur et non aux candidats locaux.
Le stratagème aurait permis au parti d'excéder de 1,2 million $ le plafond de dépenses alloué au parti en vertu de la loi électorale.
Les faits ont poussé le commissaire aux élections fédérales à s'intéresser de plus près au dossier et à mener une perquisition il y a deux semaines au quartier général des conservateurs, avec l'aide de la Gendarmerie royale du Canada.
De retour aux Communes, lundi, après une pause d'une semaine, les partis d'opposition ont eu beau exiger des réponses, leurs questions se sont butées à la rhétorique conservatrice livrée par le député Pierre Poilièvre.
En l'absence du premier ministre Stephen Harper, M. Poilièvre a eu la tâche de défendre son parti, ce qu'il a fait en attaquant ses adversaires et en les accusant d'avoir eux aussi fait appel à un stratagème similaire par le passé.
Le chef libéral Stéphane Dion a réfuté cette interprétation.
"M. Poilièvre essaie de noyer le poisson en confondant tout. Je crois que le premier ministre doit s'expliquer mais ce n'est pas la première fois qu'il ne s'explique pas sur tous les dossiers", a souligné M. Dion à sa sortie des Communes.
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