Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, mercredi. LA PRESSE CANADIENNE/Tom Hanson
OTTAWA - Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, s'est dit inquiet de l'assouplissement des normes du système hypothécaire canadien, particulièrement en ce qui a trait à la popularité croissante de l'amortissement des hypothèques sur une période de 40 ans.
M. Carney a indiqué mercredi au Comité permanent des finances de la Chambre des communes que la banque centrale suivait attentivement les changements du secteur hypothécaire pour s'assurer que les abus observés sur le marché américain des hypothèques à risque ne se reproduisaient pas au Canada.
"Nous avons des inquiétudes à propos de la prévalence croissante des très longs amortissements et de la hausse de valeur des produits hypothécaires", a-t-il déclaré.
"Ces éléments viennent s'ajouter à la lancée du marché de l'immobilier, et si tout le monde se retrouve avec une hypothèque étalée sur 40 ans, les prix du marché de l'immobilier vont grimper."
Malgré tout, le gouverneur a souligné le fait que le marché immobilier canadien ne s'était toujours pas engagé dans la voie de celui des Etats-Unis, qui a enregistré plusieurs années de forte croissance avant d'éclater l'été dernier et de s'écrouler.
"La structure de nos finances immobilières est complètement différente de celle des Etats-Unis", a-t-il estimé, et le risque d'un écroulement semblable à celui des Américains "n'est pas possible dans notre système".
Lors de sa première rencontre avec le comité des Communes depuis son arrivée à la tête de la banque centrale, M. Carney a clairement laissé entendre que l'économie canadienne traversait une période difficile qui verra son taux de croissance ralentir à 0,3 pour cent au deuxième trimestre de l'année en cours.
Selon le gouverneur, le principal facteur derrière ces difficultés est le ralentissement économique que connaissent les Etats-Unis, qui est plus prononcé que prévu, même si le président George W. Bush affirmait encore récemment que son pays n'est pas en récession.
"Nous prévoyons un ralentissement beaucoup plus prononcé et prolongé aux Etats-Unis, beaucoup plus prononcé et prolongé que nous l'avions initialement prévu."
"La déclaration (de M. Bush) ne change rien à notre opinion."
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